Sections
Accueil | Histoire | JUILLET 1962-JUILLET 2009 : “Les espérances d’une nation historique”

JUILLET 1962-JUILLET 2009 : “Les espérances d’une nation historique”

image Ph. Nesrine

Plus belle et plus sereine est Alger  en ce mois de juillet 2009. On est loin de juillet 1962, lorsque l’OAS a mis à feu et à sang la blancheur immaculée de cette fascinante baie. Notre pays a vécu beaucoup de souffrances et de tragédies. Les séquelles et les traumatismes sont indélébiles. Un peuple qui a payé cher le prix de sa liberté.
Cent trente deux ans de nuit coloniale où d’incessantes luttes contre l’oppresseur ont ramené la paix et la dignité à une nation fière de sa résistance et de son histoire millénaire de l’homme libre.
Le peuple et ses élites révolutionnaires  peuvent légitimement s’attribuer les pages de gloire dans la résistance séculaire contre l’ordre colonial français.
Malgré la tonalité coloniale du pouvoir gaullien et les échecs répétés de ses émissaires, la solution enfin négociée avec les représentants du GPRA aboutira à la rédaction  du compromis final d’Evian. Le trois juillet 1962 la France reconnait solennellement  l’indépendance de l’Algérie après sept ans et demi de guerre de Libération nationale.
En apposant sa signature le 18 mars 1962 au nom du GPRA et du CNRA à côté de celle de Louis Joxe, Krim Belkacem  venait de vivre le moment le plus attendu par les Algériens : le cessez-le-feu. La France des Gaulois remet les clefs aux propriétaires légitimes de l’Algérie de Massinissa, de Jugurtha, de l’Emir Abdelkader, de Hadj Ahmed Bey, les hommes de Novembre 1954 .

Le serment de Novembre d’une révolution glorieuse            
Le cinq juillet 1962, la  Marseillaise de Rouget de Lisle laisse place à Kassamen de Moufdi Zakaria. Les moudjahidine ALN/FLN rentrent à Alger libérée. C’est un jour de fête, de joie et de dignité retrouvée à travers tout le pays, dans les villes et campagnes où les youyous n’ont pas cessé de remplir les lieux publics et les maisons pavoisés de l’emblème national.
Quarante-sept ans après que faut-il retenir de cet événement historique et quels enseignements tirons-nous de ce demi-siècle de reconstruction d’une Algérie qui se fraie le chemin des grandes espérances dans ce troisième millénaire ? La re–naissance de l’Etat algérien ne fut-elle pas  l’événement le plus commenté mondialement ? Une victoire des plus éclatantes  du siècle passé contre l’ordre colonial ayant permis le déclenchement  de l’ère de la décolonisation dans le monde.
La lutte de Libération nationale fut l’instrument de reconquête de notre indépendance nationale. Elle continue à être le phare  dans la marche vers le progrès. La Révolution, au-delà  de la légitimité historique, ne peut éteindre sa flamme dans ce monde où se bousculent les intérêts les plus sordides et les guerres les plus tragiques. Il ne peut y avoir de rupture avec l’histoire.
L’héritage d’une histoire millénaire
Nous vivons un monde de paradoxes qui dérègle le cours de l’histoire. Alors se pose à nous la question de la préservation de l’héritage de notre histoire millénaire et la manière de le transmettre aux générations dans toute la  sérénité et la concorde populaire.
Quelles responsabilités avons-nous pris envers la nation, si les jeunes n’adhèrent pas au sens des mots tels : patrie-liberté-drapeau-moudjahid-hymne national-indépendance-colonialisme ?
    Aujourd’hui, la jeunesse a droit de rêver et de vivre son temps. Elle espère  participer et contribuer à l’effort de développement national. De toutes les étapes vécues depuis l’indépendance, alors que chacune a apporté sa part de reconstruction et d’émancipation, le chemin n’a pas toujours été jonché de roses. Autant d’épines, de drames et de tragédies ont secoué le cours des événements .

L’espoir d’une Algérie indépendante réconciliée
L’Algérie a payé le lourd tribut dans sa lutte contre le terrorisme qui manifestement a retardé le processus des grandes espérances de la nation. Une tragédie qui a coûté plus de cent cinquante morts et près de trente milliards de dollars de désastre économique et social.
Il convient de comprendre les mutations et les convulsions d’un environnement international troublé par la financiarisation débridée qui continue  à ébranler l’establishment et provoquer douloureusement des spasmes dans les économies des pays en développement.
Nul ne peut douter de l’extraordinaire bond en avant matérialisé par les grands chantiers où plus de deux cent milliards de dollars ont été consentis durant ces dix dernières années, imprimant une cadence de développement multisectoriel à une Algérie meurtrie et disloquée .
C’est incontestablement le retour à la paix et la réconciliation nationale qui ont su donner, malgré les tentatives terroristes répétées qui continuent à noircir les horizons, l’espoir d’une Algérie réconciliée, forte et sereine.
 La fête de l’Indépendance et de la Jeunesse intervient après trois mois l’élection présidentielle du 9 avril 2009, scrutin qui, pour la troisième fois consécutive, donne au Président Bouteflika un plébiscite avec un taux de 90,24% des voix obtenues en le confortant dans sa vision de gouverner. Une élection marquée du sceau d’un peuple en symbiose avec son Président.
 Les grands enjeux et les responsabilités à venir      
Mais les enjeux à venir devenant de plus en plus complexes au regard des bouleversements systémiques du monde.
Cette situation met la gouvernance  à l’épreuve  d’un changement de style pour répondre aux attentes d’une population sans cesse exigeante, notamment la jeunesse qui ressent le plus les effets de la crise mondiale.
Les responsabilités sont lourdes  de conséquences si les anticipations nécessaires ne soient pas prises à temps au cas d’un éventuel ralentissement de la croissance pourrait fragiliser promptement les équilibres sociaux.
Il est vrai que la crise  a changé de nature. Elle est globale et systémique. Le quinquennat prochain appelle un Etat régulateur. En mettant cent cinquante milliards de dollars, le Président Bouteflika ouvre les portes de l’espérance des jeunes à retrouver les trois millions de postes de travail au million et demi d’universitaires  et de techniciens et le million de logements.
L’Etat prend les devants pour répondre au plus urgent, afin de juguler les possibles mécontentements qui peuvent surgir dans une société en pleine mutation. Toutes les réformes engagées ne doivent aller à contre-courant des attentes de la populations. C’est là un gage de cohésion sociale et de préservation des équilibres politiques.

Une nation fière qui glorifie ses héros               
C’est dans le cheminement de l’histoire qu’il faut tirer les enseignements pour mieux éclairer les sentiers des espérances. Cette aspiration à bâtir une société juste et prospère reste fondamentalement tributaire du message de la Révolution du 1er Novembre 1954. Loin des controverses et des passions, la jeunesse a besoin d’intérioriser un message des aînés plus pudique .
Il faut sans cesse ressourcer la jeunesse dans son histoire millénaire. Les acteurs de l’histoire sont dans le droit d’apporter les témoignages qui suscitent l’intérêt des jeunes à la compréhension des étapes qui ont mené à l’Indépendance du pays. Il est un devoir d’informer les générations de l’histoire sans que cela ne soit source de fitna.
Seule la vérité historique  expurgée des haines et des égoïsmes peut donner matière aux historiens d’élaborer des manuels scolaires  reflétant la marche triomphante du peuple arrachant son indépendance au prix de grands sacrifices.
Il est des faits qui relèvent comme chez toutes les nations du domaine de la prescription et dont certaines archives seront publiques dans le temps qui leur est imparti.
Une nation qui se respecte est celle qui glorifie ses héros qui se sont sacrifiés pour que vivent l’Algérie libre et indépendante.
La réhabilitation des hommes de l’histoire ne doit souffrir d’aucun préjugé si cela s’inscrit dans une éthique nationale au regard des sacrifices consentis reconnus par les témoignages fondés.
Alors que bientôt un demi-siècle nous sépare de l’été 1962,  l’histoire du nationalisme algérien doit être une source intarissable d’enseignements pour le futur  L’avenir reste lié à la manière dont le pays entend éloigner l’inquiétude des générations à vivre une société de paix et de solidarité nationale.
 Un 5 Juillet aux couleurs de l’Afrique           
Ce 5 Juillet 2009 sera la grande fête africaine, où l’Algérie reste dans l’imaginaire des peuples de notre continent encore et toujours la Mecque des opprimés. L’Algérie renoue avec son destin d’une nation des défis . Elle force le respect des autres par son humilité et l’intangibilité des principes de sa Révolution. 
Heureuse coïncidence  que ce quarante-septième anniversaire de  l’Indépendance de l’Algérie rassemble la famille africaine comme elle la déjà fait il y a de cela quarante ans dans l’allégresse et la solidarité panafricaine.
 Alger va vivre aux couleurs africaines. Toute une richesse culturelle qui donne au langage sa diversité linguistique et ses symboles. L’Afrique retrouve les grands moments de son destin historique dans Alger la Blanche dans toute l’hospitalité d’un peuple fier de son africanité.                                             
Chercheur universitaire

• Par le Dr Boudjemaâ HAICHOUR

  • email Envoyer à un ami
  • print Version imprimable
PUBLICITE