M. Zaïm Bensaci, président du Conseil national consultatif pour la promotion de la PME et M. Jean-Pierre Gonon du Conseil français des investisseurs en Afrique, invités du Centre de presse d’El Moudjahid : “Les Français commencent à se rendre compte de l’
Le Centre de presse d’El Moudjahid a reçu, hier, MM. Zaïm Bensaci, président du Conseil national consultatif pour la promotion de la PME et M. Jean-Pierre Gonon du Conseil français des investisseurs en Afrique, président au sein de ce Conseil de la commission Algérie.
Le président du CNCP pour la PME avait assisté à un récent colloque sur la PME et son insertion dans l’espace euro-méditerranéen qui s’est déroulé à Marseille.
L’orateur a rappelé que la PME prend aujourd’hui une importance particulière dans les économies développées et notamment en Europe. Durant son séjour à Marseille, le président du Conseil national consultatif affirme avoir cherché à présenter la situation en Algérie sous son véritable jour.
On a axé notamment notre propos sur la possibilité de développement de la sous-traitance et de la co-traitance que pourrait offrir le partenariat avec l’Europe.
Le constat que l’on peut faire aujourd’hui, c’est que nous n’avons pas été suffisamment présents à travers nos représentations commerciales pour exploiter toutes les possibilités qui s’offraient.
Pour M. Bensaci, 79 % des patrons de PME affirment faire confiance à l’union pour la Méditerranée comme cadre d’insertion pour les entreprises, 75 % veulent établir un partenariat privilégié.
L’orateur affirme qu’il nous faut regarder à travers toute l’Europe, car dans l’union pour la Méditerranée, il n’y a pas que la France. Sur la mise à niveau, l’orateur affirme que s’il faut améliorer l’existant, c’est tant mieux, s’il faut regrouper différents intervenants pourquoi pas ?
Aujourd’hui, tout le monde est tombé d’accord pour dire qu’il y a nécessité de tenir compte du développement de la PME dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen.
Une agence méditerranéenne pour la PME, c’est une bonne chose, note M. Zaïm Bensaci. C’est le type de proposition qu’il faut encourager, celle-ci a été faite par l’Italie. Pour l’orateur, les objectifs sont simples, il nous faut développer la PME.
La mise à niveau doit toucher non seulement la PME, mais aussi l’administration, le marché.
Intervenant à son tour, M. Jean-Pierre Gonon du Conseil français des investisseurs en Afrique, affirme que l’institution qu’il représente a participé pour la première fois à la FIA.
Il s’agit d’une institution qui avait pour champ de partenariat l’Afrique sub-saharienne. Ses relations se sont élargies au Maghreb. Pour l’orateur, les relations France-Algérie dépendent pour une large part des relations entre les entreprises.
Ces relations sont au cœur de la coopération Algérie-France. Le CIAM reste une institution qui a des stratégies d’investissement et pas seulement commerciales. Elle a l’expérience de “pays difficiles”’.
Notre conception, affirme M. Gonon, est que pour la réussite de nos investissements, nous devons trouver sur place, dans les pays qui nous intéressent, un secteur privé national dynamique. Le CIAM regroupe non seulement des PME mais aussi de grands groupes industriels. Pour nous, consolider les relations qu’il y a entre les entreprises des deux pays est important. Pour M. Gonon, les Français commencent à se rendre compte de l’importance de la plate-forme d’investissement que constitue l’Algérie. Les entreprises françaises ont un atout supplémentaire sur les autres, avec la présence de bi-nationaux qui résident en France. Peu de pays européens disposent d’un tel potentiel. C’est cela qu’il faut développer, affirme le représentant du CIAM.
Le CIAM porte des craintes sur la future UPM. On rappelle toujours à l’Europe qu’il y a la Méditerranée, dit-il, et savoir que le processus de Barcelone est un échec.
Les écarts de développement se sont multipliés par 4 entre les deux rives et depuis l’avènement du processus de Barcelone. Rapprocher le niveau de vie des populations entre les deux rives, nous pensons que cela n’en prend pas le chemin. Pour l’orateur, on ne peut construire une zone de libre-échange quand les différences de niveaux sont manifestes.
Comment cette zone peut alors profiter au plus faible. Il faut donc se décider à changer de stratégie et aller à une stratégie de co-développement et mettre cela en pratique.
Il ne faut donc pas se tromper de combat. Encore une fois, affirme M. Gonon, ce sont les entreprises qui sont au cœur des préoccupations.
Il faut commencer à bâtir des dispositifs appropriés à travers des mécanismes financiers, de garantie aussi. Pour M. Bensaci, intervenant de nouveau, on va faire en sorte que cette PME soit bien rémunérée. Pour l’heure, on n’a pas le retour souhaité.
Pour M. Gonon, le processus de Barcelone, n’a été qu’un marché de dupes et la mise à niveau, un “fromage” que se sont partagés les bureaux d’études.
Il ne faut pas, dit-il, laisser la Méditerranée s’engager comme cela a été fait avec le processus de Barcelone. L’orateur insiste sur ce concept de co-développement qui doit être substitué à la zone de libre-échange.
M. Bensaci fait remarquer que l’entreprise peut être le moteur de la Méditerranée à condition qu’on mette les moyens en œuvre.
On a, à Marseille, fait valoir l’idée d’un partenariat qui créé des opportunités d’expansion pour les PME algériennes et sur les opportunités offertes à travers la sous-traitance et la co-traitance ainsi que la délocalisation des entreprises des pays de la rive Nord.
L’intérêt a été formulé pour des projets d’intérêts commun, mais selon des priorités à définir et des approches qui reflètent effectivement la vision rénovée de la solidarité entre le Nord et le Sud que le projet de l’UPM devrait véhiculer.
L’Algérie a apporté une contribution substantielle au partenariat euro-méditerranéen, notamment dans le domaine énergétique et attend en retour, un partenariat agissant comme levier de croissance pour ses entreprises.
Marseille rentre aujourd’hui dans le cadre de manifestations liées à l’UPM. Le 2 juillet prochain, elle accueillera près de 40 ministres de l’UE et de la Méditerranée, suivi juste après par une importante rencontre du MEDEF, dont l’objectif est de remettre une déclaration commune aux Chefs d’Etat et de gouvernement dans la perspective du sommet pour l’UPM.
Comme nombre d’observateurs présents à Marseille, il y a quelques jours, M. Zaïm Bensaci croit déceler que le choix de Marseille et de la thématique méditerranéenne découle d’une volonté française de proposer cette ville comme futur siège de l’UPM.
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