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“La prévention, mais ne pas hésiter à aller à la dissuasion et à la répression”

image Ph. : Billal

Représentants du ministère des Transports, de la DGSN, de la gendarmerie nationale, de la SAA, de l’Office national de la météorologie, du Centre de contrôle technique, invités d’El Moudjahid sur le thème de la sécurité routière

Une table ronde consacrée à la sécurité routière a eu lieu, hier, au Centre de presse d’El Moudjahid, en présence de représentants du ministère des Transports, de la DGSN, de la gendarmerie nationale, de la SAA et de l’Office national de la météorologie, du Centre du contrôle technique. Etaient présents à la tribune M. Tahar Messaoud Nacer, directeur des transports urbains et de la circulation routière, M. Saber Chabane, conseiller chargé de la communication, M. El Hachemi Boutalbi, directeur général du Centre national de prévention et sécurité routière (CNPSR), Mme Dalila Benider Yazid, directrice générale du Centre national des permis de conduire (CNAPEC), le capitaine Azouz Latrèche, représentant de la gendarmerie nationale, le commissaire divisionnaire Aïssa Naïli, sous-directeur de la prévention et de la circulation routière à la DGSN.
 
Un fléau

Pour M. Tahar Messaoud Nacer, directeur des transports urbains et de la circulation routière, la délinquance routière demeure un fléau dont la prise en charge concerne les secteurs, dont les représentants sont présents autour de la table à l’occasion de cette manifestation, mais aussi s’élargit de nos jours à d’autres secteurs.
L’orateur regrette que jusqu’alors les secteurs concernés continuent toujours de travailler séparément, faisant en sorte que les  efforts produits ne donnent pas les résultats escomptés.
L’anarchie urbaine, l’indiscipline des usagers, la déficience de moyens de signalisation, l’état du réseau routier, l’état des véhicules, sont généralement la cause de nombreux accidents routiers au niveau des agglomérations, mais aussi sur les grandes routes. C’est une situation qui, aujourd’hui, interpelle tout le monde. Prévention, information, répression sont utilisées pour réduire, à défaut de circonscrire, les actes de délinquance liés à la circulation routière et aux accidents qui en résultent.
Pour l’orateur, l’Union algérienne des assurances évoque le chiffre de 300.000 accidents qui surviennent annuellement. Les secteurs des Transports, de la gendarmerie nationale, de la DGSN, des Assurances, de l’ONM ne sont pas seuls impliqués dans la gestion de la question, mais d’autres aussi comme la Santé, par exemple, sont interpellés pour agir.
On sait combien coûte à l’économie, au budget public, le nombre  relativement important de blessés, de handicapés, du fait des accidents de la route, leur suivi, le nombre de morts qui surviennent. Il nous faut tirer aujourd’hui le bénéfice des efforts qui ont été consentis et qui ont eu un résultat positif. Tout le travail doit se faire, relève le directeur des transports urbains et de la circulation routière au ministère des Transports, en direction de l’homme. Il s’agit de veiller à sa formation, à son information, sur des thèmes ciblés. Ce n’est pas une tâche facile. Les textes sont là, explique l’orateur, la vitesse, les dépassements, il faut les intégrer dans les solutions qui doivent être trouvées. L’usager a appris  à conduire comme cela, note l’orateur. Il faut donc éduquer et convaincre, offrir les moyens pour que la route ne se présente pas comme un obstacle.

Des petits détails qui ont leur importance


Il s’agit parfois de petits détails, mais qui ont leur importance. Il faut agir dans le sens où l’usager doit impérativement changer son comportement quand il ne correspond pas à la préservation de la sécurité pour tous S’agissant des véhicules, il y a le problème de l’état du véhicule, sa fiabilité et de sa conformité aux normes. Le filtre devrait exister, note M. Tahar Messaoud Nacer, pour réguler l’injection sur le marché de véhicules de types et de marques différents. Il y a aussi le problème du contrôle technique aussi, souligne l’orateur, et le problème de la maintenance qui accompagne cet acte.

Faire le bon diagnostic

Faire le bon diagnostic, pour délivrer la bonne ordonnance, c’est cela l’enjeu pour l’opération de contrôle technique, qui s’avère essentielle. Il y a un réseau de techniciens au niveau du contrôle technique pour établir les diagnostic. Parfois il arrive que ce diagnostic est complaisant. Si le véhicule ainsi contrôlé nécessite des réparations, est-on assuré de pouvoir disposer de pièces de rechange d’origine. Cela interpelle alors les secteurs du commerce et de l’industrie. L’orateur a rappelé que les contraintes d’environnement, l’aménagement de la voirie, la signalisation constituent parfois de réseaux obstacles pour les usagers de la route, l’utilisation de véhicules automobiles requiert dans tous les cas, formation pour les usagers, et recyclage pour le personnel examinateur chargé donc de l’examen de passage pour l’obtention du permis. Le Centre national des permis de conduire veille à la mise en place de programmes et l’application de la réglementation. On a mis en place une législation pour durcir l’arsenal coercitif en direction des délinquants, assortie de peines de prisons et d’amendes.

Donner la parole aux victimes des accidents de la route

Il nous faut donner la parole aux victimes d’accidents de la route pour toucher du doigt les conséquences dramatiques du vécu des accidents et favoriser la prise de conscience chez les usagers. Intervenant de son côté, M. El Hachemi Boutalbi, directeur général du Centre national de prévention et de sécurité routière, accorde la priorité au facteur humain. C’est le premier responsable dans la question sécuritaire. Il faut le responsabiliser, et surtout reconnaître que s’il a des devoirs, il a aussi des droits. L’orateur évoque lui aussi les dysfonctionnements liés aux insuffisances constatées en matière de signalisation routière, le prolongement de travaux sur les routes, qui peuvent être la cause d’accidents dramatiques.

La prévention en priorité

La prévention compte néanmoins beaucoup, compte tenu des cas d’indiscipline constatés et réprimés par le défaut de respect du code de la route, le non-respect de la signalisation, la vitesse, les dépassements. Pour Mme Dalila Benider Yazid, directrice générale du Centre national des permis de conduire, l’information est capitale à ce stade-là. Pour l’oratrice, l’état du réseau routier explique pour partie, l’insécurité routière qui prévaut, la qualité d’aménagement des sites, le revêtement des routes, l’amélioration de la voirie. Le Centre a été créé en août 2001 pour réguler l’activité dans le domaine de la délivrance des permis de conduire. Les textes de création font mention de l’organisation et des missions du Centre. La préoccupation va à l’encadrement, c’est-à-dire au corps des examinateurs à sa formation, à son suivi, au contrôle. Il existe un programme d’enseignement destiné à l’obtention de titres d’examinateur. C’est le Centre qui est chargé de la mise en place de moyens didactiques et d’organiser les examens du permis de conduire, de suivre la mise en place des circuits d’examen.

Un rôle important à jouer

De ce point de vue, l’oratrice considère que le centre à un rôle important à jouer pour le côté éducatif, comme pour celui de faciliter l’obtention du permis de conduire à l’issue d’une formation adéquate. Pour le capitaine Azouz Latrèche, représentant de la gendarmerie nationale, 85%  du trafic se fait par route.

Information et prévention


La gendarmerie nationale a une fonction d’information, de prévention. Pour l’orateur, l’éducation routière est capitale. Elle est aussi destinée aux personnes qui ne ressentent pas la nécessité de se discipliner, qui sont aussi la cause d’accidents graves qui coûtent tellement  à la collectivité publique. L’orateur a rappelé que la gendarmerie nationale organise régulièrement des campagnes de prévention à l’intention des usagers de la route. 
M. Aïssa Naïli, commissaire divisionnaire sous-directeur de la prévention et de la circulation routière à la DGSN, évoque pour sa part les politiques et les stratégies mises en place sur le terrain pour la maîtrise du fléau que constitue la délinquance routière. Lui aussi met l’accent sur les segments relevant de l’éducation et de la formation. Il y ajoute la dissuasion, les lois et règlements sont mis à la contribution, relève l’orateur, pour la sécurisation de nos routes et de ceux qui les empruntent. La présence sur le terrain de patrouilles a pour vocation de rassurer. Ces patrouilles sillonnent l’ensemble du territoire national. Elles veillent à la sécurité de tous. Leur absence peut s’avérer préjudiciable pour la sécurité du citoyen.

Eviter dysfonctionnements et dérapages


Les Centres de régulation sont là pour éviter les dysfonctionnements et autres dérapages. L’orateur a mis en exergue la complexité du réseau routier et celle relevant de sa gestion à travers les extensions urbaines. S’agissant de la pose de radars, il en existe en version fixe et  en version mobile. L’orateur a tenu a insister sur leur bon fonctionnement. Ils contribuent à la dissuasion. Quant à l’installation des barrages dans certains axes routiers leur raison d’être est d’assurer, selon l’orateur, la régulation du trafic et singulièrement des entrées en ville. Le représentant de la DGSN en appelle à la mobilisation de toutes les énergies pour la sécurité sur nos routes et pour éradiquer la délinquance routière qui affecte l’économie du pays et contribue à semer le désordre sur les routes, d’où une vigilance accrue.

Privilégier les autres formes de transport


Pour le représentant de la SAA, la route constitue pour l’heure une alternative pour le transport des personnes et des biens, d’où sa sécurisation maximale. L’orateur relève que d’autres formes de transport doivent être privilégiées. Il a évoqué l’usage des aéronefs. Le représentant de la SAA a souligné que des mesures limitant l’utilisation de véhicules et la circulation dans les agglomérations doivent être prises, mesures que les grands pays ont déjà adoptées pour réduire le facteur de pollution, l’encombrement des villes, les accidents. Il suggère l’institution de péages et la création de parkings sécurisés aux alentours des grandes villes et de moyens de liaisons fiables et réguliers.

294.000 sinistres pour 2009


Sur le volet assurances, l’orateur note que 294.000 sinistres ont été déclarés en 2009, dont une partie en dommages corporels. Les compagnies d’assurances ont un rôle important en matière de préventions. Pour le représentant de l’ONM, l’Office envoie quotidiennement des bulletins météo et des bulletins spéciaux. Le représentant relève que de ce point de vue, l’Office a des relations privilégiées avec un grand nombre d’institutions et particulièrement avec les médias en matière d’information sur les conditions météorologiques. L’orateur a évoqué l’existence d’un projet pour un nouveau centre de prévision.

Des pratiques préjudiciables

Le représentant du Centre national du contrôle technique a évoqué à l’intention, dit-il, des services de sécurité et de la gendarmerie nationale, des pratiques qui peuvent être dramatiques quand on constate que certains chauffeurs de semi-remorques ferment les robinets de pression de la remorque ce qui a des conséquences sur le freinage.  Le représentant du Centre du contrôle technique évoque ce qu’il appelle les “nouveaux permis”, dont on constate déjà aux abords des centres leur inexpérience et les dangers qui peuvent en résulter.
 Il regrette l’absence de sanction d’une façon générale, une sorte de permissivité qui n’est pas sans conséquences sur la sécurité de tous.

Mise en conformité des cartes grises

L’orateur a également soulevé la question de la délivrance des cartes grises et leur mise en conformité avec le mois et l’année de mise en circulation pour que les contrôles prescrits, qui s’opèrent généralement tous les deux ans sur les véhicules, puissent s’opérer au moment même. Dans le débat toujours, les intervenants ont insisté sur le caractère intersectoriel de l’activité en matière de sécurité routière. 
C’est une question qui interpelle l’ensemble des institutions.

Les APC doivent prendre leurs responsabilités

Concernant les dépassements de la part des usagers de la route, comme le stationnement sur les trottoirs provoquant ainsi une réelle anarchie dans la circulation piétonnière, M. Tahar Messaoud Nacer du ministère des Transports, relève que cette question relève des missions des APC qui doivent assumer leurs responsabilités. Il est vrai que l’insuffisance des parkings est toujours préjudiciable, dit-il.
 Il faut, relève l’orateur, travailler sur ces questions et les prendre sérieusement en charge. Les plans d’urbanisme doivent traiter de toutes les questions relatives à une bonne gestion du cadre-vie urbain (circulation routière,  aménagement des routes, existence de parkings, zone d’habitations).

L’aménagement urbain est une question essentielle


Que dire, affirme M. Tahar Messaoud Nacer, quand on constate l’absence de parkings dans les grands ensembles urbains qui sont construits. Il est impératif que soit assurer une certaine mobilité à l’intérieur des collectivités territoriales. C’est une tâche qui doit se faire en concertation avec l’ensemble des parties concernées.

La corruption est combattue

A propos de la non-explication, par les examinateurs, des fautes des candidats lors de leur examen de permis de conduite, le représentant du ministère des Transports, souligne que des sanctions existent. Il y a des cas de corruption et on les combat. C’est là le travail d’une commission qui examine et interpelles les sujets en cause. Il peut même y avoir des radiations, mais les cas ne sont pas nombreux fort heureusement.
A propos des cartes grises et de leur conformité, il est rappelé qu’il y a un travail qui se fait pour une uniformisation du document. La date de mise en circulation qui y figure demeure importante. Concernant l’accès à l’examen du permis de conduire, il est assuré à tous, s’agissant notamment des sujets analphabètes. Sur la gestion au niveau des collectivités locales, il est prévu, relève le représentant du ministère, des plans de transport au niveau des wilayas pour que soit assurer le déplacement dans les meilleures conditions des usagers. Pour la mise en place de parkings dans les zones périphériques, il faudra réguler les tarifs des transports en commun. Mais, c’est vrai que les problèmes sont d’une grande complexité.

5.200.000 véhicules en circulation

Il existerait un parc de 5.200.000 véhicules qui soulève la recherche de solutions laissant place à l’imagination et à l’innovation. S’agissant des campagnes d’information notamment en bordure des grandes routes, elles se poursuivent, a-t-il été précisé. L’information mais aussi la répression sont utilisées chaque fois qu’il est nécessaire de le faire. L’ouverture de l’autoroute Est-Ouest va être d’un grand apport dans la fluidité du trafic et donc dans la réduction des accidents. Nous travaillons dans cette perspective, relèvent les orateurs. Il faut reconnaître, souligne M. Tahar Messaoud Nacer qu’il n’est pas aisé de faire changer les comportements, d’où l’importance de l’éducation et de la formation.

Mise à niveau de la circulation routière


Concernant une question sur la signalisation routière, celle-ci devra subir une mise à niveau, note le représentant du ministère des Transports qui rappelle par ailleurs la responsabilité des collectivités locales dans la gestion du trafic routier et de l’aménagement des routes.
Sur une question concernant la mise en place des barrages sur les axes routiers, le représentant de la DGSN réitère ce qu’il a déjà dit : “ Il s’agit-là d’une mesure visant à réguler et à contrôler le flux des voitures en direction des centres urbains.”

Gestion rationnelle de l’espace

Concernant les excroissances sur le réseau routier, ronds points ne répondant pas aux normes, absence de feux tricolores aux carrefours, il a été répondu que des techniques d’aménagement existent et qu’il y a lieu de s’y conformer pour éviter les dysfonctionnements qui peuvent survenir, causes de désagréments pour les usagers et surtout causes d’accidents.
Il faut rester dans le cadre de villes de dimension humaine, des espaces que l’on peut maîtriser. Concernant l’usage de la répression, il faut défendre l’usager qui respecte le code de la route, 95 % des usagers et réprimer les 5 % qui refusent de se conformer aux règles. Les questions relatives aux pièces détachées à la contrefaçon dans ce domaine font aujourd’hui l’objet de mesures appropriées de la part des pouvoirs publics. On sait que les pièces détachées contrefaites sont la cause de multiples accidents.
T. M. A.

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