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Au Forum d'El Moudjahid : Pour que force reste au droit et à la justice

image Ph. : Nacéra I.

A l’initiative de l’Académie de la société civile algérienne, rencontre-débat autour du projet de loi portant criminalisation de la colonisation


A l’initiative de l’Académie de la société civile algérienne et de son secrétaire général, le Dr Chenna Ahmed, s’est déroulée hier  au centre de presse d’El Moudjahid, une rencontre-débat  ayant regroupé juristes, historiens, représentants de partis politiques, moudjahidine, chercheurs, représentants des médias. L’objet de la manifestation fait référence à un projet de loi actuellement en préparation qui criminalise la colonisation française dans notre pays.
Un Comité national a été constitué qui accompagne ce projet qui doit être voté par le Parlement.
Le Dr Chenna Ahmed dont l’Association est aux avant-postes du projet qui a recueilli au 13 janvier 2010, date du dépôt de ce dossier au bureau de l’APN, le chiffre de 120 parlementaires, a donc initié ce débat au centre de presse d’El Moudjahid.
Cette initiative a été portée par la famille révolutionnaire et des associations, l’Académie elle-même, l’Instance algérienne pour le combat contre l’esprit colonial, l’Association du 8 Mai 1945, l’UGTA, l’Union générale du mouvement estudiantin libre, la Fondation Cheikh Bouamama, l’UNEA, l’Union des écrivains algériens, l’Association algérienne pour la médecine d’urgence et les catastrophes et des parlementaires.
Le projet de loi vise à criminaliser, selon le SG de l’Académie, le colonialisme français pour les crimes odieux qu’il a commis contre le peuple algérien innocent. 132 années durant, jalonnées de tueries et de génocides, la destruction de toutes les constantes de la Nation, bafouant les valeurs humaines, les coutumes, les lois, la religion.
Il y a une aspiration populaire nettement affichée pour que ce projet de loi prenne vie.
Les initiateurs veulent, à travers des rassemblements populaires, meetings et rencontres à travers l’ensemble  du territoire, sensibiliser et mobiliser autour de la démarche des parlementaires lui garantissant toutes les chances de succès.
Le secrétaire général de l’Académie a été désigné en qualité de coordonnateur du programme . Il a été établi un programme de rassemblements populaires et des rencontres de proximité.
A travers cette initiative, les porteurs du projet et les représentants du Comité national se disent convaincus que seul l’apurement du passé, la demande de pardon pour leurs crimes commis en Algérie, ainsi que la réparation de tous les dommages causés par la mise en œuvre des voies de droit et de justice peuvent ouvrir la voie à des relations apaisées entre les deux pays pour une relation saine d’amitié et de coopération entre les deux peuples.
Juristes et chercheurs se sont hier évertués à analyser l’impact du projet de loi, sa capacité à apporter la mobilisation nécessaire jusque en France pour qu’enfin justice soit rendue au peuple algérien.
La moudjahida Ighil Ahriz a admirablement résumé dans son intervention d’hier la portée d’un tel texte qui, disait-elle, est une aspiration du peuple algérien affichée au lendemain même de l’indépendance.
La loi qui sortira est un immense chantier pour que soit  portée la revendication populaire. C’est une nécessité historique, fait remarquer la moudjahida qui parle d’un évènement marquant pour tous.
Mme Ighil Ahriz a rappelé que les parlementaires français ont lancé leur projet de loi qualifiant de positive la colonisation française en l’espace d’une nuit de concertation.
Nous devons agir avec la même célérité pour la bonne cause, celle  revendiquée par le peuple algérien, et éviter les longs et fastidieux rassemblements car la caution populaire est acquise depuis le jour de l’indépendance.
Les juristes qui sont intervenus ont tous rappelé le bien-fondé de la demande algérienne face aux anciens bourreaux, qualifiant le crime colonial de crime contre l’humanité.
Cette demande est fondée. Elle l’est en droit et en raison c’est une évidence.
L’Algérie doit mobiliser autour de cet objectif capital pour dédommager une Nation et rétablir son peuple dans le droit légitime qui est le sien en termes de réparation.
Ce projet de loi n’est pas seulement une demande parlementaire mais bien une demande populaire. Il réunit la société politique, civile, dans toutes ses composantes.
Le projet de loi est un important levier qui doit être accompagné de tous les instruments juridiques pour une réelle portée et amener le gouvernement français à reconnaître les crimes commis en son nom.
A. Abdi Moussa, coordonnateur au niveau de l’APN du projet, a rappelé combien la France a manifesté en terme de célérité pour qualifier ce qui a été appelé le génocide arménien, en occultant, en ce qui la concerne, les crimes commis par ses gouvernants en Algérie et dans d’autres pays en Afrique et en Asie.
Le parlementaire a cité comme acte éminemment positif la reconnaissance par l’Italie des crimes commis en son nom en Libye et la demande de pardon qui a suivi cette reconnaissance.
C’est une source d’inspiration importante. Elle honore le gouvernement italien.
Elle est à la base, a-t-il été dit, d’un côté comme de l’autre pour l’établissement d’une relation historique positive entre les deux pays.
Ce qui a été rappelé par ailleurs de la part des intervenants, c’est de porter le message auprès du peuple français, des ONG ; elles sont au nombre d’une vingtaine en France qui ont demandé au gouvernement français de qualifier la colonisation française en tant que crime contre l’humanité.
Pour certains intervenants, le projet actuellement déposé sur le bureau de l’APN est le fruit d’une revendication et d’une conviction.
C’est un projet national. C’est un legs pour les générations futures. En finalisant un tel document, certains intervenants se disent conscients que le rapport des forces sur le plan international n’est pas toujours en faveur des peuples qui ont été opprimés pour faire entendre leur voix et exiger des réparations, mais la lutte doit se poursuivre.
Elle ne peut être confortée que par une volonté politique inébranlable et des instruments législatifs et juridiques, réglementaires aussi qui peuvent constituer un véritable arsenal quand il faudra affronter l’adversité.
Il fait créer les opportunités pour cela à travers un combat de tous les jours, en éveillant les consciences, en préparant les jeunes générations aux responsabilités.
Il y a des objectifs qui doivent être clairement affichés pour atteindre les buts recherchés dans la qualification de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, les méfaits de l’armée coloniale et obtenir leur sanction sur le plan international. C’est une bataille à engager. Elle mobilise abondamment.
T. M. A.
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