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La symbolique de la Moubayaâ revêt le double aspect politique et spirituel

image Ph : Billal

Le président de la Fondation Emir Abdelkader, M. Mohamed Bentaleb, invité du Centre de Presse d’El Moudjahid

Le président de la Fondation Emir Abdelkader, M. Mohamed Bentaleb, a assuré hier au Centre de presse d’El Moudjahid une conférence de presse en prévision d’un colloque que la Fondation organisera au Cercle militaire de Beni-Messous, les 2 et 3 février prochain, sur la symbolique de la Moubayaâ.
Le président de la Fondation était accompagné du Dr Zaïm Khenchlaoui, chercheur, anthropologue et coordonnateur académique du colloque.
Il s’agit d’un colloque international qui réunira des chercheurs  venus de différents pays.
Les intervenants ont rappelé la très forte personnalité de l’Emir, son engagement et son sens de l’unification des forces pour faire face à l’ennemi usurpateur.
Le président de la Fondation évoquera l’Emir comme étant un symbole pour l’Algérie. Il a été fondateur, dit-il, de l’Algérie moderne.
C’est le docteur Zaïm Khenchlaoui qui notera dans son intervention l’investiture de l’Emir, acte hautement symbolique, disait-il, survenue le 27 novembre 1832, au lendemain de l’invasion du pays, lorsque les chefs de tribus maraboutiques et les notables de Mascara se sont rassemblés dans la plaine de Ghriss pour élire le prince et protecteur de la foi, serment renouvelé une nouvelle fois le 13 Ramadhan 1248 (le 4 février 1833).
On doit à l’Emir la fondation d’un Etat de droit, relève le Dr Zaïm Khenchlaoui.
La Fondation qui a une activité d’animation assez fournie, tente de créer des relais pour la connaissance de la vie et de l’œuvre de l’Emir. C’est à l’Education nationale de rendre accessible cette vie et cette œuvre, note le président de l’association.
Un film consacré à l’Emir est en projet depuis de nombreuses années qui, pour des raisons d’intendance, n’a jamais vu le jour. Le scénario est prêt, confirme M. Boutaleb.
La symbolique de la Moubayaâ, dont le thème sera traité dans les prochains jours, est conçue, selon les spécialistes de la vie et de l’œuvre de l’Emir, comme un rituel, un acte d’allégeance qui engageait l’homme dans sa totalité pour sa vie ici-bas comme pour sa vie future.
La Moubayaâ dont l’Emir disposait se situait dans la lignée de l’héritage prophétique.
L’allégeance ainsi obtenue revêtait un caractère sacré car placé justement, font observer les spécialistes, comme un engagement total.
Le rassemblement qu’a obtenu l’Emir a jeté les bases d’un nouvel Etat.
La Moubayaâ présente ainsi deux versants, dit  d’elle un spécialiste, Jean-Jacques Thibon, de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand en France.
Il y a un versant politique qui reflète la dimension sociale et communautaire de l’individu  inscrit par cette allégeance dans un réseau de solidarités imposant droits et devoirs, tandis que sur un autre plan, la dimension spirituelle de la Moubayaâ témoigne d’un engagement, celui de l’individu vis-à-vis de Dieu, le plus souvent par l’intermédiaire d’un père spirituel, substitut du prophète.
TMA

 

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