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Au Forum d'El Moudjahid :“La médecine moderne se nourrit de dialogue et de concertation

image Ph. : Nesrine

Les professeurs Arezki Mohamed, Sadibelouiz Mustapha et Masmoudi Ahmed Nacer, président et membres associés de la Société algérienne de neurologie et de neurophysiologie clinique, invités d’El Moudjahid

Les professeurs Mohamed Arezki, président de la Société algérienne de neurologie et de neurophysiologie clinique (SANNC), Masmoudi Mohamed Nacer, membre associé à la SANNC et président du comité pédagogique national de neurologie, et Sadibelouiz Mustapha, membre associé de la SANNC et président de la Ligue algérienne de lutte contre l’épilepsie ont été les invités du Centre de presse d’El Moudjahid.

Les éminents spécialistes viennent de boucler un congrès qui s’est tenu, récemment, à Annaba où il a été surtout question de formation selon les représentants de la SANNC.
En ouvrant les discussions, le professeur Mohamed  Arezki, relève que la neurologie est cette spécialisté que l’on confond souvent avec la psychiatrie.
Au nombre de neurologues en exercice, l’on compte 300spécialistes,  selon l’orateur. 120 autres sont en formation.
En nombre de lits, il existerait 300 lits à travers le territoire national.
L’éminent spécialiste évoque l’existence de quatre infrastructures de bonne tenue, notamment à Alger, Blida, Constantine.
Il en existe d’autres Annaba, Oran, Tizi-Ouzou, Sidi Bel-Abbès où il y a encore beaucoup à faire.
Le Pr Arezki Mohamed se trouve, d’ailleurs,  particulièrement critique quant à la gestion de ces dernières unités hospitalières, qui l’amène à évoquer la nécessaire humanisation de nos installations hospitalières.
En matière de maladies, le professeur Mohamed Arezki relève qu’il y a dans le pays 60.000  nouveaux cas par an, en maladies cardiovasculaires.
Il s’agit de maladies essentiellement génétiques.
La neurologie, affirme l’éminent spécialiste, est réputée comme une discipline éminemment difficile. Il s’agit de la prise en charge de maladies plutôt graves chroniques et qui donnent lieu à des lésions parfois importantes.
Le professeur Mohamed Arezki a évoqué les thérapeutiques nouvelles qui reviennent chères. Ces molécules sont néanmoins disponibles.
La société algérienne de neurologie a décidé de déférer les spécialistes des maladies du cerveau et d’élargir ses relations. Ainsi il y a des relations avec la société européenne de neurologie et la société maghrébine  également.
Des comité de réflexion ont été installés pour les différentes spécialistés (cardio-vasculaire, l’Alzheimer, etc).
Pour l’éminent spécialiste, la médecine moderne se nourrit de dialogue et de concertation, de la mise en place de consensus pour aider les pouvoirs publics à mettre en place ses politiques en matière de santé.
Le professeur Mohamed Arezki affirme qu’il y a un besoin d’unités spécialisées d’unités d’urgences pour l’Alzheimer, pour les maladies cardio-vasculaires.
Il y a un manque de centres d’accueils pour les malades atteints de l’alzheimer.
S’agissant des maladies cardio-vasculaires sur 100.000 cas/an, il y a encore 20.000 décès.
L’éminent professeur revient sur cette absence d’infrastructures réellement opérationnelles étendues à toute le territoire national.
On rappelle que quatre unités à Alger, Blida et Constantine fonctionnement convenablement. Le reste est dans une situation de précarité inquiétante, notamment à Annaba, Oran, deux grandes cités urbaines.
Il faudrait, affirme l’orateur, que les neurologues apprennent à sortir d’Alger parce que c’est sur l’ensemble du territoire national que l’on retrouve des malades, que l’on retrouve aussi des étudiants qui ont tous deux besoin d’une réelle prise en charge.
Prenant la parole, le professeur Mohamed Nacer  Masmoudi, relève que dans la famille des maladies, 12% sont constituées par des maladies neurologiques.
Ces maladies sont appelées à croître.
Le vieillissement du système nerveux conduit généralement à des maladies neurovégétatives.
Ce qui caractérise ces maladies, c’est bien leur chronicité.
L’handicap peut-être un handicap-moteur, sensoriel, mental.
Les relations sociales et professionnelles sont dans ce sens, durablement affectés.
Selon l’OMS, affirme l’éminent spécialiste, la lésion se définit comme la déficience d’un organe qui entraîne un handicap.

Cet handicap peut être plus au moins important. L’orateur revendique qu’à côté d’une prise en charge médicale, il puisse y avoir une prise en charge à caractère social (escaliers adaptés, lieux publics aménagés etc.).
Le traitement social, selon l’éminent spécialiste peut alléger la maladie.
Pour l’orateur même si l’on considère que la santé n’a pas de prix, elle a un coût. Les ressources financières ne sont pas extensibles.
Il faut donc faire des choix et établir des consensus sur telle ou telle maladie.
Cette prise en charge se fait dans des structures hospitalières opérationnelles et aménagées.
Or dans certaines villes, les conditions d’accueil en milieu hospitalier spécialisé sont lamentables.
Le professeur Ahmed Nacer Masmoudi rappelle qu’il y a nécessité d’une humanisation des services de neurologie.
Il ne faut pas oublier, relève l’éminent professeur que ces unités hospitalières sont aménagées pour accueillir des malades, mais également des étudiants. Ce sont, effectivement, des lieux de formation.
Comment, s’indigne l’éminent spécialiste, un étudiants peut être formé dans des conditions déplorables.
Nous devons aller vers une médecine de qualité souligne l’orateur. C’est notre préoccupation, dit-il en tant que formateurs, se félicite de la réaction des responsables du ministère de la Santé qui se disent en faveur d’une médecine et d’une hygiène  irréprochables.
Pour le professeur Sadibelouiz Mustapha, l’épilepsie était dans le passé considérée comme une maladie honteuse, fort heureusement fait remarquer l’éminent spécialiste, les esprits ont évolué.
Pour l’orateur, une crise ne signifie pas épilepsie. Les crises se voient chez les enfants surtout.
Il faut donc rechercher chez les adultes, des antécédents dans leur enfance.
L’épilepsie n’est pas une maladie qui ne guérit pas, souligne l’éminent spécialiste.
Quand les patients, notamment les enfants, prennent leur traitement régulièrement, il y a possibilité de guérison.
La ligue a été créée pour prendre en charge, les problèmes soulevés par cette maladie.
Au cours du récent congrès de Annaba sur la neurologie il y a eu des cours de perfectionnement qui ont été dispensés dans certaines pathologies.
On a créé des comités de réflexion qui doivent travailler en même temps pour régler les problèmes et aboutir à une médecine de qualité.
Dans le débat, les orateurs sont revenus sur la nécessaire humanisation des hôpitaux. Le ministère de la Santé, disent-ils, est en alerte sur les cas déjà cités où il y a défaillance, mais il faut savoir, disent-ils, que le ministère de la Santé s’occupe de la santé des Algériens et de l’ensemble des hôpitaux d’Algérie. Il ne peut pas toujours connaître l’état exact de telle ou telle structure.
Pour notre part, on essaye de faire le point et de le porter à l’attention des responsables.

L’information est au niveau des responsables

Il faut attendre leurs réactions à présent.
S’agissant de la couverture sanitaire, les orateurs constatent qu’elle va à l'élargissement.
Le Professeur Ahmed Nacer Masmoudi a évoqué pour sa part la nécessaire tenue d’Assises nationales de la santé publique.
Ces assises vont, bien sûr, nécessiter pour leur tenue d’importants moyens à mettre en œuvre.
Pour le professeur Mohamed Arezki, toutes les spécialités doivent avoir une feuille de route.
La formation de ce point de vue est capitale.
Il existe des diplômés en neurologie qui cherchent emploi.
S’agissant du personnel spécialisé, il y a plus de neuro, affirme le Professeur Mohamed Arezki (300).
Le diagnostic est mieux fait et les conditions de prise en charge ont changé dans certaines pathologies.
Mais les chiffres sont en train d’augmenter pour certaines maladies : diabète, hypertension, obésité.
A la question de savoir s’il y a un chiffre idéal de spécialistes par taux d’habitants, le professeur Arezki affirme qu’il n’en existe pas bien sûr, mais que l’Algérie demeure bien classée par rapport à des pays comme la Tunisie, le Maroc, l’Afrique du Sud par exemple.
En Algérie, il y a 300 neurologues, en Tunisie, 70, au Maroc, 150, en Afrique du Sud 126.
L’Algérie a fait un important effort de formation. On atteindra le chiffre de 600 neurologues dans quelques années.
Pour les orateurs, l’organisation de la neuro est extrêmement importante. C’est pour cela que la mise en place d’ateliers est capitale. Avec des équipes organisées, la pathologie peut être prise en charge.
Le nombre de lits, on ne s’en plaint pas beaucoup, note le Pr Arezki sur la question de la prévention, le Pr Sadibelouiz, note qu’une maladie comme l’épilepsie ne prévient pas. C’est une décharge brutale.
Il y a certaines formes d’épilepsie qu’on peut néanmoins prévenir comme en cas de consanguinité mais ce n’est pas vrai dans la plupart des cas.
Pour le professeur Masmoudi, dans l’alzheimer, le facteur génétique joue un rôle (facteurs environnementaux, alimentation). Ce sont les mêmes risques que pour le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
Un régime riche en poissons, en légumes et fruits est favorable au cerveau. Le contrôle artériel est aussi nécessaire.
S’agissant de l’alzheimer, on n’en meurt pas, mais la maladie affecte le cerveau, rappelle l’éminent professeur.
Sur la question de la prise en charge psychologique des malades, celle-ci existe dans toute la médecine.
S’agissant de la médecine de proximité, nous accusons beaucoup de retard dans ce domaine, relève le Pr Arezki.
Le système de santé gagnerait à ce qu’une réflexion soit engagée dans ce domaine.
Le ministère de la Santé, celui du Travail, de la Solidarité, les Caisses de sécurité sociale, sont particulièrement concernés pour stimuler la réflexion.
S’agissant de l’alzheimer, très souvent ce sont les proches qui cessent de travailler, note le Pr Masmoudi pour prendre en charge le malade. Ces personnes ne sont pas rétribuées, ce qui provoque de sérieux problèmes dans la vie de ces personnes privées de moyens de subsistance.
Il ne faut pas se focaliser sur l’aspect médical car le volet social est important, est-il noté.
Concernant la Société algérienne de neurologie, elle existe comme espace de dialogue, de concertation et de réflexion, note son président, le Pr Arezki.
Des groupes de réflexion sont mis en place pour réfléchir aux situations vécues sur le terrain et proposer des solutions.
Le Pr Arezki a évoqué la publication d’un livre blanc de la neurologie algérienne pour appréhender tous les problèmes.
Cette publication aura lieu à une date qui n’a pas encore été arrêtée.
C’est une préoccupation majeure de la société algérienne de neurologie.
Les orateurs se disent favorables au partenariat et à la coopération scientifique.
Il a été annoncé la prochaine tenue, les 2 et 3 octobre 2009, à Tunis d’un congrès de la Fédération maghrébine de neurologie.
Tahar Mohamed
Al Anouar

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