Le président de la COSOB, M. Ali Sadmi invité hier, du Forum d'El Moudjahid
Un plan de modernisation et de développement sera mis en place pour l'émergence d'une Bourse qui soit le moteur de l'économie nationale
Le président de la Commission d'organisation et de surveillance des opérations de bourses (COSOB) M. Ali Sadmi a déploré, hier, que les opérateurs économiques privés, censés être les vecteurs du développement de l'activité boursière, aient "tourné le dos" à la Bourse d'Alger,
M. Sadmi a souligné que la Bourse d'Alger avait été mise en place, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des pays, par un "volontarisme de l'Etat"
qui voulait créer les conditions législatives et réglementaires favorables à l'activité boursière. Cependant,
''le secteur privé est quasiment absent du marché boursier alors qu'il devait prendre
le relais pour développer l'activité boursière dans
le pays'', a-t-il constaté.
"Le secteur privé a tourné le dos à la Bourse'' laquelle n'a enregistré aucune introduction depuis huit ans, sur le marché des actions, et ce, ni du secteur public ni du secteur privé,
a-t-il souligné. Sur ce point, il a fait savoir que la COSOB n'a, jusqu'à maintenant, reçu aucune demande de la part des opérateurs du secteur privé pour une éventuelle introduction. Les valeurs hors-Trésor admises aux négociations sur la Bourse d'Alger sont, rappelle-t-on, au nombre de cinq : deux titres en actions (El Aurassi et Saidal) et trois titres obligataires (Sonelgaz, Algérie Telecom et Air Algérie).
A propos des mesures prises par les pouvoirs publics en vue de relancer l'activité de la Bourse d'Alger, le patron de la COSOB a indiqué qu'il a été procédé, tout récemment, à une opération de mise à niveau de "tous les maillons
de la chaîne boursière" à travers notamment la mise
en place d'un système électronique de négociation
et d'un système d'électronique d'information à distance
pour les intermédiaires en opérations de Bourse. Il s'agit également, selon lui, d'une télé- surveillance pour les régulateurs ainsi que la formation de tous les acteurs de la place boursière.
M. Sadmi a estimé que ces mesures ainsi que l'inscription, en février dernier, des valeurs du Trésor à la Bourse d'Alger sous forme d'Obligations Assimilables
du Trésor (OAT) représentaient "un signal fort de la part des pouvoirs publics'' pour apporter une nouvelle dynamique au marché boursier et surtout, pour inciter les entreprises privées à s'y introduire.
"La Bourse d'Alger a, en conséquence, connu un relatif regain d'activité et a pu sortir sa tête de l'eau", a-t-il souligné.
Un plan de relance d'un coût global de 400 millions de dinars avait été mis au point en mai 2006 pour une durée de cinq ans au profit de la Bourse d'Alger par la Société de gestion de la Bourse des valeurs (SGBV), rappelle-t-on encore.
APS
Le président de la Commission de surveillance des opérations en Bourse, M. Ali Sadmi, était l’invité hier du Centre de presse d’El Moudjahid dans le cadre d’une conférence-débat axée sur la redynamisation de la Bourse d’Alger et du marché financier national, le plan de modernisation y afférent.
Le président de la Cosob a également évoqué les grandes tendances qui caractérisent aujourd’hui les marchés financiers internationaux marqués par la crise des subprimes aux Etats-Unis et la crise qui s’est développée autour de cette affaire, ébranlant les économies des pays occidentaux notamment mais qui n’est pas sans conséquence sur celle des pays émergents.
Le marché obligataire s’est installé
L’orateur a évoqué le développement du marché obligataire national qui devrait contribuer à l’avenir à l’efficacité et à la stabilité de l’intermédiation financière ainsi qu’à la croissance économique. L’amélioration de l’environnement économique et la progression en matière d’innovation financière sont des éléments qui militent aujourd’hui pour une relance de la Bourse d’Alger.
M. Ali Sadmi relève que si un pays possède un marché de capitaux actif et efficace, il est davantage en mesure de parer à la volatilité des mouvements de capitaux qu’à procurer aux investisseurs institutionnels les instruments correspondant à leur demande de titres et à limiter l’instabilité financière.
Une Bourse moderne
Le président de la Cosob a évoqué la mise en place d’un plan de modernisation de la Bourse qui devrait favoriser l’avènement d’une institution nationale moderne, c’est une étape importante dans la transition à l’économie de marché, souligne l’orateur pour qui cette modernisation impose des investissements qui peuvent ne pas être spécialement élevés mais pour des objectifs qui eux, sont importants.
Pour le président de la Cosob, une Bourse moderne peut accompagner la privatisation des entreprises publiques. La plupart des pays émergents affirme l’orateur ont utilisé la Bourse comme un moyen pour aller à la privatisation.
Les pays émergents, relève M. Ali Sadmi, doivent leur croissance à la privatisation. Il a cité des exemples puisés dans les expériences réalisés par les pays voisins et notamment le Maroc qui a ouvert le capital de Maroc Télécom : permettant l’intégration d’argent frais, Maroc Télécom a vu, grâce à cela, ses actions se multiplier par deux.
La Bourse, ce sont les poids lourds de l’économie qui s’y trouvent
Le président de la Cosob relève que si on se réfère aux Bourses étrangères, occidentales notamment, ce sont les poids lourds de l’économie qui s’y retrouvent, ce sont eux qui font la Bourse.
On va tenter de consolider la Bourse d’Alger, mais il s’agit là d’une œuvre de longue haleine. Le plan de modernisation mis en place devrait permettre d’atteindre les objectifs fixés qu’un comité de pilotage mettra en branle.
Il y a une phase de conception du plan de modernisation de mise en place opérationnelle de ce plan qui nécessitera la mobilisation de tous, fait remarquer le président de la Cosob. Ce n’est pas rien une modernisation d’une place financière, note l’orateur qui cite la Bourse de Paris et le plan de modernisation qui l’a concerné, il y a des années de cela et qui a impliqué Etat, institutions, monde économique et financier, les entreprises et l’expérience.
Appel à l’expertise étrangère
Dans le plan de modernisation qui est lancé, relève le président de la Cosob, il sera fait appel à l’expertise internationale nécessaire à ce stade. Le plan de modernisation est une étape importante dans le cadre de l’économie nationale.
Pour M. Ali Sadmi, une place financière de l’importance d’un pays comme l’Algérie a droit à une Bourse autrement plus développée. La réalisation du plan de modernisation aura ainsi un effet d’image important, selon l’orateur, auprès des organismes internationaux et un impact positif auprès des investisseurs.
La Bourse intégrera des technologie de pointe dans le sens de plus de performance de plus de sécurisation des opérations pour l’avenir, l’évolution de la Bourse d’Alger pourrait correspondre à ce qui se passe ailleurs dans le monde, affirme le président de la COSOB, qui évoque la présence d’une multitude de centres où s’échangent les titres, banques, etc.
L’image traditionnelle que l’on a de la Bourse a aujourd’hui disparue, affirme le président de la COSOB.
La Bourse de Paris, de ce point de vue, apparaît pour l’exemple beaucoup plus comme un musée.
Il n’y a plus de parquet plus de corbeille.
Les indices boursiers sont ailleurs.
Un traitement important de titres
Revenant sur le plan de modernisation de la Bourse d’Alger, l’orateur insiste à dire qu’il s’agit d’un plan de modernisation, mais également de développement qui devait permettre le traitement par la Bourse d’Alger d’un volume important de titres.
Les entreprises privées doivent s’impliquer, c’est un impératif, car la Bourse vit de la présence des entreprises privées nationales ou étrangères. Il y a des entreprises à mettre en Bourse, mais il nous faut mettre ce qu’on a de plus important, banques, assurances, grands groupes industriels.
Un indice boursier a besoin d’activer, relève l’orateur. Ce travail doit aboutir si l’on veut avoir une place boursière et financière.
C’est la Bourse qui permet le financement de l’appareil productif, car les banques ont malgré tout des capacités limitées d’engagement.
Le financement de l’économie relève du marché et non des banques
Le financement relevé bien du marché, plutôt que des banques.
Pour le président de la COSOB, les marchés financiers ont pris une place sans précédent dans l’économie mondiale. Il s’agit d’un secteur de l’économie des pays développés et de plus en plus de pays émergents.
Les places financières ont été érigées comme un pôle de compétitivité. A ces places financières on prête, selon le président de la COSOB, des pouvoirs exorbitant.
Ils sont comme autant de moyens de correction des marchés, mais aussi à l’origine de crises, de l’émergence de bulles spéculatives qui déstabilisent la sphère économique et financière internationale.
Il s’agit de marchés complexes, les intervenants sont dotés d’une grande technicité et seront des professionnels. Ces marchés constituent un terrain favorable à l’innovation financière.
Le marché financier algérien suscitera de l’intérêt
Le marché financier algérien en est à ses balbutiements aujourd’hui, mais le président de la COSOB est convaincu que dès qu’il commencera à se développer, il suscitera beaucoup d’intérêt de la part des investisseurs potentiels.
Ils s’intéresseront à nous, note M. Ali Sadmi. Il y a aux yeux du président de la COSOB, une adaptation permanente aux exigences du marché qui se crée, dit-il, en fonction des besoins exprimés, des besoins qui en Algérie ne pourront être pris en charge par l’existant.
A l’origine ce n’est pas les besoins ou le financement de l’économie nationale qui ont imposé la Bourse d’Alger, mais c’est la volonté de l’Etat qui a créé les conditions favorables.
L’initiative privée a été quasiment absente, relève l’orateur, ce qui n’est pas normal, car encore une fois la Bourse ne peut vivre et prospérer qu’à travers l’entreprise privée.
La Bourse, c'est le marché, relève alors le président de la COSOB.
T. M. A.
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