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Aminatou Haidar appelle le SG de l’ ONU à “intervenir immédiatement pour assurer sa protection personnelle”

image D.R.

Partis politiques et ONG espagnols critiquent le rôle de Madrid

La militante sahraouie des droits de  l'homme, Aminatou Haidar, a appelé "à une intervention immédiate" du secrétaire  général de l'ONU, M. Ban Ki Moon pour assurer "sa protection                  personnelle", a  indiqué l'Agence de presse sahraouie (SPS). 

Plusieurs partis politiques, des ONG et des membres du parlement ont critiqué le rôle joué par le gouvernement espagnol dans l’expulsion d’El Ayoun, la capitale occupée du Sahara occidental, de la militante sahraouie des droits de l’homme, Aminatou Haidar et réitéré leur soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Ainsi, le parti Union Progrès et Démocratie (UPD), qui a dénoncé de nouveau "l’hypocrisie" du gouvernement espagnol dans le conflit sahraoui, a qualifié mardi de "complicité intolérable" avec le Maroc, le rôle de l’exécutif de Zapatero dans l’expulsion de la militante sahraouie Aminatou Haidar, dans un communiqué. Pour ce parti, le gouvernement espagnol "est en train d’aider" la politique de répression marocaine contre le peuple sahraoui, "alors que l’Espagne devait faire au contraire un exercice de responsabilité et revendiquer la justice et l’autodétermination, ainsi que le respect des droits de l’homme et le soutien international pour ce peuple". Pour cela, le parti de Rosa Diez, une ancienne dirigeante du Parti socialiste ouvrier (PSOE-au pouvoir) a appelé le gouvernement espagnol à assumer le leadership international dans la défense de l’autodétermination du Sahara occidental et à demander au Maroc de respecter les droits de l’homme du peuple sahraoui et sa liberté d’expression. Il l’a invité également à "expliquer clairement" à l’opinion publique sa position à l’égard de ce conflit, une posture qu’il a qualifiée "d’ambiguë permanente". Pour sa part, le responsable fédéral des relations internationales et eurodéputé d’Izquierda Unida (IU-Gauche Unie), Willy Meyer, a appelé le gouvernement espagnol à "revenir rapidement à la légalité internationale" et de faciliter le "retour immédiat" d’Aminatou Haidar à El Ayoun occupé. M. Meyer a critiqué, dans un communiqué, la manière de procéder des autorités espagnoles dans cette affaire qui "augmente notre préoccupation, déjà profonde, sur les antécédents de notre gouvernement par rapport au conflit du Sahara occidental", en raison de la situation dans laquelle se trouve l’activiste sahraouie, expulsée de chez elle par le Maroc "sans aucune décision judiciaire, en restant en Espagne contre sa volonté". A ce propos, il a critiqué le gouvernement espagnol qui "n’est pas en train d’agir ni avec la diligence ni avec la responsabilité nécessaires" concernant l’expulsion par le Maroc de Mme Haidar. Dans ce contexte, l’eurodéputé a "énergiquement condamné" les agissements des autorités marocaines, dont l’expulsion de la militante sahraouie vient s’ajouter aux récentes arrestations des sept autres activistes sahraouis et qui constitue une "nouvelle escalade de la politique répressive du Maroc contre les militants sahraouis des droits de l’homme", a-t-il affirmé. L’eurodéputé Willy Meyer a appelé l’UE à "prendre des mesures fermes pour mettre un terme à cette vague de répression" contre les militants sahraouis, "tant dans les territoires sahraouis occupés qu’au Maroc", et à suspendre ce "traitement préférentiel" avec ce pays, "tant que persiste encore la persécution politique" des sahraouis et tant qu’il ne libère pas toutes les personnes détenues pour avoir tenté d’exercer leurs droits civils et politiques" Enfin, il a réaffirmé "l’entière solidarité" de son parti avec le peuple sahraoui dans sa "lutte pour l’exercice de son droit à l’autodétermination pour parachever le processus de décolonisation et mettre fin à l’occupation marocaine". De son côté, la parti Nueva Canarias (NC), a dénoncé lui aussi le fait que l’expulsion de Mme Haidar des territoires sahraouis occupés ait bénéficié de la "complicité" du gouvernement espagnol et répond, a-t-il relevé, de "la recrudescence de la répression marocaine" dans ces territoires. Dans un communiqué, ce parti régional a exprimé son soutien et sa solidarité avec la militante sahraouie, qu’il a qualifiée "d’exemple de la lutte pacifique pour les droits du peuple sahraoui et du respect des droits de l’homme", tout en plaidant pour son "retour immédiat". Cette formation nationaliste a dénoncé également le Maroc qui "tente d’empêcher la tenue du référendum d’autodétermination en occupant illégalement le Sahara occidental". Dans ce sens, elle a exigé le "respect au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et l’application des résolutions onusiennes et des différents parlements espagnols" et la libération de "tous les prisonniers politiques sahraouis". Commentant les explications données par le ministre des Affaires étrangères concernant la situation de Mme Haidar, Nueva Canarias les a qualifiées "d’intolérables", "démontrent la complicité de l’exécutif central avec le Maroc" et signifient une "insulte aux sahraouis". Réagissant, elle aussi à cette expulsion, la Commission espagnole d’aide au réfugié (CEAR) a exprimé sa "profonde préoccupation" devant la situation de Mme Haidar, expulsée d’El Ayoun occupé, "sans aucune décision judiciaire et retenue en Espagne contre son gré". L’organisation considère ainsi que "cette rétention dans notre pays d’une personne étrangère est une violation du droit à la libre circulation", affirmant que le "droit de résider en Espagne, comme c’est le cas pour Haidar, ne peut en aucun cas, se transformer en une imposition". Dans ce sens, elle a demandé au gouvernement de "restituer la légalité et de faciliter à Aminatou Haidar la sortie immédiate du pays", et appelé à "ne pas déformer l’image et l’activité de cette emblématique activiste, un symbole de la lutte pacifique pour les droits du peuple sahraoui". Pour la CEAR, le gouvernement espagnol "doit être clair dans sa position concernant Haidar et progresser dans sa responsabilité pour l’autodétermination de l’ancienne colonie espagnole". L’Association espagnole de défense des droits de l’homme (APDHE) n’est pas restée en reste et dénoncé la "complicité" du gouvernement espagnol avec le Maroc dans l’expulsion de Mme Haidar et demandé son "rapatriement immédiat" Pour cette association, en dépit de "l’illégalité" de son expulsion, l’exécutif espagnol a soutenu ainsi de "manière indirecte" la décision du gouvernement marocain de ne pas a accepter son retour au Sahara occidental. Rappelant qu’Aminatou Haidar est une "défenseur infatigable des droits de l’homme qui a connu à plusieurs reprises les prisons marocaines pour ses activités en faveur de la libération du peuple sahraoui", l’ONG a appelé le gouvernement espagnol à "condamner tous les actes de répression et de violation des droits de homme, à l’instar de ceux perpétrés systématiquement et impunément par le gouvernement marocain dans les territoires sahraouis occupés". Par ailleurs, plusieurs groupes parlementaires comme ceux d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC- Gauche républicaine de Catalogne), de la Gauche Unie (IU), de la Coalition Canarienne (CC) et de l’Union Progrès et Démocratie (UPD) ont présenté hier au Congrès des députés (Chambre basse du Parlement) une série d’initiatives en faveur de la militante sahraouie.
APS

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