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L’entrepreneuriat féminin en Algérie : 3% des chefs d’entreprises sont des femmes

image Ph. : Nesrine

Réalisée en 2006, une enquête nationale sur les femmes entrepreneurs a été présentée, hier au cours de la conférence sur l’entrepreneuriat féminin, et organisée conjointement à l’hôtel Hilton par les associations AFCARE (Association des cadres algériennes) et AME (Association des femmes managers et entrepreneurs) ainsi que le  programme allemand de développement économique durable GTZ. L’enquête menée à l’initiative du ministère délégué chargé de la Famille et de la Condition féminine a concerné une population de 14.000 femmes issues de 5.000 ménages à travers 76 communes rurales et urbaines et a été notamment orientée vers la faible présence de la femme dans le monde du travail et les conditions qui ont permis l’acte d’entreprendre chez la gent féminine ainsi que les contraintes rencontrées. Il ressort que parmi la population étudiée, 50% sont des femmes au foyer, contre 19% occupées et 11% demandeuses d’emploi. L’écrasante majorité des femmes occupées est salariée, exceptés 3%, soit une centaine d’entrepreneurs. En matière de répartition géographique, la plupart des femmes managers sont basées dans les zones urbaines, alors que sur le plan matrimonial, le mariage ne semble plus freiner l’acte d’entreprendre au féminin, puisqu’elles sont 44,70% mariées à se lancer dans les affaires, contre 42,40% célibataires.
L’élément déterminant est plutôt le niveau d’instruction avec 80% de diplômées et contrairement aux idées reçues, voulant que le mari ou un autre mâle de la famille s’immisce dans la gestion des affaires, 90% des femmes affirment gérer elles-mêmes leurs entreprises, qu’elles souhaitent développer à hauteur de 90%.
Quant aux contraintes rencontrées, qu’elles disent partager avec les entrepreneurs hommes, elles se résument en les impôts, les difficultés d’accès aux crédits, les responsabilités familiales et le marché des appels d’offres insuffisamment structuré.   En affirmant que le choix de l’activité professionnelle s’appuie avant tout sur le savoir-faire personnel, les femmes sondées estiment à 50% que la réussite des projets dépend de la compétence du promoteur et des relations de la personne à 48%. Ya-t-il une spécificité relative à l’entrepreneuriat féminin? Telle est la question à laquelle a tenté de répondre le réseau d’associations réuni hier au niveau de l’hôtel Hilton. L’analyse faite dans ce sens par Mme Aïcha Kouadri Boudjelthia, présidente d’AFCARE, qui constate la faible présence des femmes dans le monde du travail   qu’elles n’occupent qu’à hauteur de 17%, fait remarquer la baisse des salariées entre la période 2003-2007 au profit de la catégorie employeuses et indépendantes. «Il est indéniable que l’entrepreneuriat féminin est particulièrement actif et bien qu’encore jeune, il connaît une évolution très positive», a-t-elle soutenue.
De son côté, le directeur général de la PME au sein du ministère de la PME et de l’Artisanat affirme que l’Algérienne bénéficie d’un dispositif d’accompagnement et de suivi dans le cadre de la démarche visant la création de 200.000 nouvelles PME et l’ouverture de 16 centres de formation à l’horizon 2014. Les conditions de leur accès au financement et des mesures visant à améliorer des petites entreprises féminines ont été étudiées, note-t-il, dans le cadre d’un groupe de travail restreint. 
Et pour identifier les femmes disposées à entreprendre, un espace de débats et de rencontres a été créé dans le cadre du projet «Hawa» visant à mettre en contact les femmes porteuses de projets et leur dispenser des formations de proximité.   
Hamida B.

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