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Allocution du Président Bouteflika sur les questions de la paix et de la sécurité en Afrique

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“Nous continuerons à apporter notre contribution à l’effort collectif pour résoudre les conflits en Afrique”

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a fait, hier, à Addis-Abeba, une allocution sur les questions de la paix et  de la sécurité en Afrique, au deuxième jour des travaux du 14e Sommet de l'Union  africaine, dont voici le texte          intégral :            
"Monsieur le Président,         
Madame et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,         
Excellences,         
Mesdames et Messieurs,           
Nous enregistrons avec satisfaction le règlement de certaines situations de conflit. Par contre, nous déplorons la persistance de l'insécurité et de  l'instabilité à travers quelques régions de notre continent.         
Des avancées positives ont été enregistrées en Côte- d'Ivoire, en République  Démocratique du Congo, en République Centrafricaine, au Burundi, aux Comores,  au Sierra Leone et au Liberia.         
Dans chacun de ces cas, les progrès tangibles obtenus sont encourageants même s'ils peuvent paraître parfois fragiles.         
Une attention particulière devrait être accordée à ces pays, en transition, afin de prévenir toute résurgence des conflits. Il est important de les accompagner  et de les soutenir dans la mise en œuvre de leurs plans de reconstruction et  de développement post-conflit pour consolider la paix retrouvée.         
L'esprit de compromis qui a prévalu dans la gestion des situations de  crise au Kenya et au Zimbabwe a favorisé leur dénouement. Il en est de même en Mauritanie où l'engagement de toutes les parties a permis un retour à l'ordre  constitutionnel.         
En Guinée-Bissau, enfin, l'élection présidentielle a mis fin à la crise née des malheureux événements du 2 mars de l'année passée, sur lesquels les  éclairages nécessaires sont en train d'être apportés.         
Je relève avec satisfaction que cette logique de paix s'est étendue au Soudan et au Tchad qui ont engagé un processus d'apaisement, que nous souhaitons  irréversible, répondant ainsi à l'appel de l'Afrique pour transcender leurs difficultés et leurs incompréhensions.         
Parmi les conflits qui agitent encore certaines régions du continent,  je relève le cas de la Somalie où la situation n'a guère connu d'amélioration significative, en dépit de l'accord de Djibouti que notre organisation a parrainé  et de l'élection du Président Sheikh Sharif SHEIKH AHMED et du Parlement élargi  qui avaient suscité un immense espoir. Le pays est toujours en proie aux violences.  Nous regrettons que la décision de déploiement d'une mission de maintien de  la paix des Nations Unies, contenue dans la résolution 1863 du 16 janvier 2009  du Conseil de Sécurité, ait été très vite contrariée.
La crise somalienne ne se réduit pas à une simple question  de piraterie maritime, qui est une conséquence de l'absence d'autorité nationale  dans ce pays. Bien entendu, ces actes terroristes doivent être condamnés et  combattus avec la plus grande rigueur par la Communauté internationale. Dans  ce contexte, nous nous félicitons de l'adoption par le Conseil de Sécurité des  Nations Unies, de la résolution 1904 qui criminalise le versement des rançons  aux groupes terroristes.         
Il nous paraît urgent de parachever le déploiement des bataillons restants de l'AMISOM et de mobiliser le reste des promesses de contributions de la Conférence  de Bruxelles. Ce qui permettra de renforcer les capacités des institutions somaliennes,  de consolider la stratégie globale de sortie de crise et de restaurer l'Etat  somalien dans sa plénitude.        
 J'aimerais saluer ici les efforts déployés ainsi que les sacrifices  consentis par le Burundi et l'Ouganda, pour réaliser cet objectif.           
Monsieur le Président,
 Excellences,
Mesdames et Messieurs,           
La situation au Soudan continue de nous interpeller. Il nous importe en tant qu'Union Africaine d'aider nos frères soudanais à franchir cette phase  sensible de leur histoire contemporaine et, ce faisant, de démontrer que l'Afrique  est à même de promouvoir des solutions responsables et efficientes aux problèmes  auxquels le continent est confronté. C'est dans cette démarche responsable qu'il  faut situer l'appel, malheureusement non entendu, adressé au Conseil de Sécurité  de l'ONU pour la suspension du mandat d'arrêt émis par la Cour Pénale Internationale contre le Président EL BACHIR. Et c'est là aussi qu'il faut situer notre engagement pour la lutte contre l'impunité, consacré dans l'Acte constitutif de l'Union  Africaine.          De ce point de vue, le rapport du Groupe de Haut Niveau de l'Union Africaine  sur le Darfour, que nous avons soutenu à Abuja, ainsi que les recommandations  qu'il contient constituent, de notre point de vue, un cadre cohérent et crédible,  pour un règlement global de cette crise, y compris de la question sensible de  la violation des droits de l'homme.         
En cette période qui coïncide avec les phases finales de la mise en  œuvre de l'Accord Global de Paix de 2005, l'évolution de la situation au Sud Soudan doit être suivie avec toute l'attention requise.         
Dans ce cadre, tous les appuis nécessaires devraient être apportés au Gouvernement soudanais pour la réussite des élections générales, prévues dans  quelques mois, et du référendum, en janvier prochain.
 Notre contribution individuelle et collective devrait permettre  de renforcer la confiance entre tous les habitants du Soudan et à les aider  à édifier un Soudan rénové et unitaire.         
A l'approche de cette échéance qui décidera du sort du Sud Soudan, les  parties soudanaises et la Communauté internationale, notamment l'Union Africaine,  ne devraient ménager aucun effort pour promouvoir l'option de l'Unité du Soudan  telle que consacrée par l'Accord Global de Paix.                   
Monsieur le Président,        
 Excellences,         
Mesdames et Messieurs,           
En dépit du chemin parcouru par notre continent depuis la Déclaration  d'Alger de juillet 1999 condamnant les changements anticonstitutionnels de gouvernements,  ce phénomène est revenu sur les devants de l'actualité au cours de ces deux  dernières années. La situation préoccupante de la crise en Guinée est symptomatique  d'une telle évolution aussi dangereuse que préjudiciable à notre continent.         
Notre position à l'égard de telles dérives doit demeurer ferme et sans  concession, d'autant plus que les textes de l'Union Africaine permettent de  prendre en charge efficacement la gestion des crises générées par le recours  à des pratiques contraires à l'ordre constitutionnel.         
Les efforts déployés par le Président Blaise Compaoré pour rapprocher  les points de vue des acteurs et hâter une sortie de crise qui préserve les  intérêts supérieurs de la Guinée, méritent toute notre considération et notre reconnaissance. Nous nous félicitons de l'agenda qui vient d'être adopté et qui, nous l'espérons, permettra à la Guinée de renouer avec l'ordre constitutionnel,  en organisant des élections présidentielles libres et crédibles.         
Je ne voudrais pas conclure sans me féliciter, de nouveau, des engagements  que nous avons pris à Tripoli, au cours de notre session spéciale sur les conflits  en Afrique et réitérer notre volonté de continuer à apporter notre contribution  à l'effort collectif en vue d'un règlement de ces situations.         
En déclarant l'année 2010 "année de la paix", nous nous sommes donné  une motivation supplémentaire et un catalyseur pour réaliser des avancées substantielles  dans ce domaine.    

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