Le concept démocratique approfondi
Des progrès certainement mais aussi des difficultés dans la mise en œuvre dans ce processus de l’Union africaine de par une divergence dans les approches et les concertations, cette 13e session du sommet du continent, qui est riche en événements et en activités, s’est toutefois singularisée par la prise de conscience et la maturité des dirigeants, désormais veillant en matière de prévention, de gestion et de règlement des différents relatifs aux élections et aux conflits violents pour assumer leurs responsabilités et exercer un rôle actif au caractère obligatoire par le biais de la commission de paix et de sécurité continentale.
C’est dire tout le souci de se conformer à la légalité internationale, relevant par là le pas franchi par cette Afrique, guidée aujourd’hui par les notions de droit, de transparence et de la bonne gestion. Et un hommage doit être rendu aux promoteurs du NEPAD qui ont eu le mérite d’enraciner une culture en la matière et d’instaurer un dialogue avec les responsables de pays industrialisés, plus que jamais sensibles à la problématique africaine pour manifester à leur disponibilité à participer à sa résolution, grâce à des investissements dans le cadre d’un partenariat se voulant durable et stratégique. S’il est vrai que les initiatives occidentales restent timides et en deçà des attentes africaines, il n’empêche qu’un lien a été tissé pour le développement au moins des échanges de nature à favoriser la compréhension. La réparation dans ce cadre du rendez-vous avec le G8 était au menu de ce sommet qui s’est en outre étalé sur des questions vivantes d’actualité, telles que les effets de la crise financière mondiale, le réchauffement climatique, la lutte contre le terrorisme, l’émigration clandestine, la sécurité alimentaire et autres. La relative concentration sur cette rencontre, à animer du côté africain par les promoteurs du NEPAD ce cadre stratégique pour la renaissance du continent noir, peu avant son intégration dans l’Union africaine et sa reconversion en une agence technique, ne peut occulter la réflexion engagée autour de l’investissement dans l’agriculture pour la croissance économique et la sécurité alimentaire relevant ce compter-sur-soi et ce désir de rentabiliser cette vaste étendue aux riches potentialités après l’entreprise d’un travail de base, se résumant dans le développement des conditions d’exploitation et de vie des agriculteurs, à savoir l’édification d’une infrastructure routière, la mobilisation de l’eau pour l’irrigation des terres, la construction d’établissements éducatifs, sanitaires et autres. Quelque part, des fondements économiques ont été jetés pour la matérialisation de cette union et la consolidation de ses assises pour que la persévérance dans l’effort soit de mise au grand bonheur des peuples africains en butte à des conflits ethniques et à des maux et fléaux. C’est d’ailleurs un rêve que caresse tout ce continent qui a sûrement besoin de temps et de soutien pour son renouveau, du pragmatisme et du réalisme pour la durabilité et l’efficacité de l’union. Les séances à huis clos de jeudi dernier ont été relativement une confrontation des approches à ce sujet, mais approfondissant un concept démocratique au demeurant si utile pour l’accompagnement de la mise en œuvre institutionnelle de l’Union. La volonté politique partagée incontestablement par le commun des dirigeants africains quant à l’importance de l’avis de bon nombre de spécialiste et experts, en adéquation avec la réalité d’un terrain pour se focaliser surtout sur le volet économique, assurement la meilleure formule de donner corps et poids à cet ensemble, dont les composantes seront parfaitement intégrées.
Un long chemin reste indéniablement à parcourir pour atténuer de l’intensité de ces divergences qui pourraient être cependant comptabilisées au compte d’un engagement et d’un enthousiasme pour la renaissance africaine. Des divergences qui ne peuvent en outre dissimuler le progrès accompli dans le traitement des conflits africains et dans l’observation des règles et usages de droit international.
En dépit de tous les aléas du temps, des contextes et des conjonctures, l’Afrique s’est inscrite dans une projection unitaire et uniforme pour se consacrer graduellement à son propre développement, d’une manière solidaire et dans la paix, la sécurité, la sérénité et la stabilité. Des paramètres en somme suffisants pour se permettre tous les espoirs.
A. BELLAHA
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