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Le prix de la liberté

Quarante-sept ans d’indépendance, 1962-2009. C’est pratiquement un demi-siècle que l’Algérie a accédé à la souveraineté nationale après une longue période coloniale qui aura duré 132 ans. 47 ans, c’est l’âge d’un homme adulte et c’est surtout plusieurs générations qui se sont succédé depuis 1962. Et pourtant, la flamme du patriotisme, de l’engagement de tout un peuple animé d’un sens élevé de sacrifices et des espérances est toujours aussi forte et brillante. C’est l’Algérie éternelle. Cette Algérie qui durant sept ans et demi, après le déclenchement du 1er Novembre 1954, a mené une guerre de Libération nationale des plus meurtrière pour arracher son indépendance. 
Son peuple a souffert le martyre en payant le prix le plus élevé : 1 million et demi de chouhadas, deux millions de personnes déplacées et d’exilées à l’étranger, trois millions d’hectares de forêts brûlées et 10 000 villages réduits en cendre. A cette funeste et dramatique liste, il faut ajouter la chose la plus barbare, à savoir la généralisation de la torture en dépit des lois interna tonales. Si cette longue liste des drames vécus par le peuple algérien ne s’apparente pas à une guerre génocidaire, menée depuis 1830 et dont le paroxysme fut atteint durant la lutte de libération nationale, alors quel est le qualificatif qu’il faut lui attribuer ? La France, pays des droits de l’homme et des lumières traînera indéfiniment cette image et aux antipodes des valeurs  universelles quelle défend aujourd’hui même en tant que puissance mondiale, si elle renonce à son devoir de mémoire. Personne ne lui demande de s’agenouiller mais, à l’instar des autres puissances coloniales, elle devrait au moins s’excuser auprès de l’Histoire d’avoir défendu le colonialisme contre la liberté en usant de méthodes inqualifiables.
En célébrant le 47e anniversaire de son accession à l’indépendance, l’Algérie se remémore les sacrifices incommensurables consentis par son peuple pour jouir de sa souveraineté nationale et de ses droits fondamentaux. C’est aussi l’occasion pour les générations successives de mesurer, à sa juste valeur, le prix de la liberté, le sens du patriotisme et des sacrifices pour préserver  l’unité nationale et territoriale.
Depuis 1962, l’Algérie a franchi des étapes décisives dans la construction de l’Etat de droit et de la démocratie. Elle a fait, dans ce domaine, des percées remarquables. Malgré les vicissitudes de la conjoncture, elle a maintenu le cap en matière de développement durable. Depuis 2001 et jusqu’à l’horizon 2014, elle aura investi plus de 350 milliards de dollars pour construire des infrastructures  dignes d’un pays émergent. Enfin, sur le plan international, elle est devenue tout simplement un acteur privilégié de l’hémisphère sud.
Le message du 1er Novembre 1954 et les espoirs du 5 Juillet 1962 restent des constantes invariables pour toutes les générations.
E. M.

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