Relever le défi de la sécurité alimentaire
Alors qu’on s’attend à une récolte céréalière conséquente compte tenu notamment de la bonne pluviométrie cette année, les perspectives du secteur de l’agriculture s’annoncent sous le signe du redressement. Une croissance à deux chiffres est possible dans le secteur, a déclaré le ministre de l’Agriculture, le Dr Rachid Benaïssa.
L’optimisme du ministre est fondé sur un certain nombre de paramètres parmi lesquels le moral des fellahs et leur disponibilité à relever le défi de l’autosuffisance alimentaire, après la dernière décision d’effacement des dettes des agriculteurs. La problématique de la sécurité alimentaire est devenue partout dans le monde un sujet de préoccupation majeure vu les crises alimentaires cycliques qui secouent la planète et dont la dernière qui a entraîné une forte augmentation des cours des céréales, lait en poudre, etc. s’est soldée par le doublement de la facture alimentaire en 2008 pour l’Algérie. Les subventions de l’Etat aux produits de base ont fortement augmenté pour préserver un tant soit peu le pouvoir d’achat des citoyens mis à mal par le retour de l’inflation. Face à cette situation alarmante qui a entraîné plusieurs cas de famine de par le monde avec tout ce que cela suppose sur les risques d’instabilité, l’heure est donc à la mobilisation mais aussi à l’imagination pour exploiter toutes les opportunités et pouvoir répondre ainsi aux besoins. Certains pays comme la Chine, l’Arabie Saoudite ont entrepris d’acheter des terres ou de passer des accords de concession pour cultiver des terres en Afrique (Cameroun...), en Ukraine, en Russie... En Algérie, le soutien de l’Etat pour le développement de l’agriculture a été non négligeable ces dernières années, dans le cadre du plan national au bénéfice du secteur.
Si l’on peut constater des améliorations dans certains produits, au vu des données qui ressortent des rapports comme celui établi dernièrement par le CNES (rapport national sur le développement humain 2007-2008), la situation est plutôt préoccupante, puisqu’on note une évolution négative de la production agricole pour la période 2001-2008 et pour l’année 2008 une baisse de moitié de la production céréalière par rapport à 2007. Les possibilités d’élever de manière significative la production sont réelles. Un grand nombre de barrages ont été construits permettant d’étendre les surfaces irriguées et d’atténuer l’impact lié à l’aléa climatique. Bien que le matériel agricole ait connu un renchérissement sensible, le leasing (crédit-bail) et un meilleur accès au crédit bancaire dans une conjoncture de forte liquidité constituent des opportunités. On note également un grand intérêt de la part d’investisseurs notamment nationaux comme M. Rebrab (Cevital) qui souhaitent investir dans l’agriculture.
M. Brahim
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