Journée mondiale de l'accréditation : L'Algérie accuse un retard dans la maîtrise des standards internationaux
Plus de 2.000 laboratoires en activité sont non accrédités.
C'est dans le sillage de la mondialisation des économies et la levée des barrières douanières et par conséquent, la libéralisation du commerce extérieur que le besoin d'une infrastructure de la qualité s'est fait ressentir. “L'Algérie, en tant que pays mono exportateur, a, en effet, saisi les enjeux d'une telle option, notamment en matière d'assainissement du commerce des pratiques douteuses et frauduleuses et de protection de l'économie nationale, a déclaré le directeur général du développement industriel au ministère de l'Industrie et de la Promotion des investissements à l'occasion de la célébration, hier, de la Journée mondiale de l'accréditation au siège d'ALGEX. M. Ould Mohammedi fera état des efforts consentis dans ce sens par notre pays pour dire que « depuis plus d'une décennie, nous avons essayé de mettre en place l'encadrement juridique qui aboutira à la création de ALGERAC. La levée des barrières douanière, et comme conséquent, l'entrée dans notre pays de marchandises non conformes aux normes accroitra cet intérêt pour une infrastructure qualité reconnue et apte à protéger l'économie nationale et à renforcer la compétitivité économique». Il sera question de consolider cet organisme dans ses composantes qui sont la normalisation, l'accréditation, la propriété industrielle et la métrologie, a indiqué M. Ould Mohammedi. Aussi, le constat retenu lors de la journée mondiale de l'accréditation célébrée, hier, au siège de ALGEX, sous le signe, cette année, de « la compétence » est que notre pays accuse un retard considérable dans la maîtrise des standards internationaux, a affirmé le directeur général de l'organisme d'accréditation ALGERAC. M. Noureddine Boudissa qui soulignera l'importance de l'accréditation en tant « qu'autorité indépendante dans l'attestation de la compétence, l'impartialité et l'intégrité des organismes d'évaluation et de conformité » relèvera, en effet, cette nécessité de mettre en place un système national d'accréditation permettant aux organismes d'adhérer aux exigences internationales en matière de normalisation et de certification d'autant plus que la majorité des laboratoires n'ont pas encore institué des référentiels notamment dans les domaines de l'essai et de l'étabonnage. Abordant les actions accomplies par son organisme depuis sa création à l'occasion de cette journée dont le thème a été retenu par l'organisation internationale des organismes d'accréditation pour les laboratoires d'étabonnage et d'essai (ILAC) et l'International Accréditation Forum (IAF), le responsable d'ALGERAC a affirmé que depuis 2007, son organisme a bénéficié d'un programme qui a permis la mise en place de la documentation nécessaire à un organisme conforme à la norme 17011, la formation d'un noyau d'évaluateurs et d'experts techniques dans les références (17025, 17020 et 17021) et bientôt dans la norme 15189 relative au bio médical et la 22 000 (agroalimentaire) dans le cadre d'une coopération avec des organismes français. Concernant le plan d'action de l'organisme crée en 2006, il citera une série d'actions inscrites dans le cadre du déploiement d'ALGERAC. Il s'agira essentiellement de créer « un vivier d'experts et d'évaluateurs soit 250 évaluateurs qualiticiens et 500 experts techniques dans le cadre des besoins stratégiques sur les cinq prochaines années. Le programme consiste, d'autre part, à consolider le recours à l'expertise étrangère « pour réaliser des missions de pré évaluation, encadrer techniquement des opérations d'accréditation, mener des actions de formation selon les standards mondialement reconnus » à même de répondre à d'éventuelles demandes spécifiques émanant des pouvoirs publics. Quinze commissions mixtes (ALGERAC-ministères) ont déjà été mises en place pour la délivrance des agréments d'homologation indiquera M. Boudissa. Concernant le dossier de la coopération internationale, l'intervenant parlera de projets en cours dans le contexte de l'UE dont le projet de jumelage institutionnel « TAIEX » portant sur le renforcement des infrastructures et le projet PME II-UE relatif à l'accompagnement au plan international. En fait, il sera question « de créer les conditions pour aider les organismes de conformité engagés dans la pré évaluation tant au plan di financement que celui de l'accompagnement. Le DG d'ALGERAC annoncera dans ce sens l'accréditation d'une cinquantaine de laboratoires d'inspection sur les deux prochaines années avec le concours de l'UE. Il précisera, d'autre part, que son organisme a reçu une dizaine de demandes d'accréditation dont 4 sont en préparation sachant que deux laboratoires seulement sont accrédités en Algérie soit « CETIM » et « CMTC ». Par ailleurs, une soixantaine de demandes d'évaluation des compétences ont été émises par des laboratoires dont 40 sont en chantier. Toutefois, la problématique de la crédibilité des normes algériennes reste posée quant ont sait que des établissements publics s'adressent à des organismes étrangers pour remettre en cause la fiabilité de ses normes et demander une équivalence avec des normes européennes. Un cas soulevé par le représentant du groupe industriel « FONDAL » lors des débats. Une problématique qui exige selon le DG d'ALGERAC de créer un climat de confiance entre les parties à travers le renforcement des canaux de sensibilisation.
D. Akila
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