La féerie du festival envoûte les petits oranais
Ils sont venus de partout, attirés par la magie du festival. "La mer pourra attendre, le cinéma non", lance la petite Fayrouz, une collégienne qui découvre, pour la première, l'atmosphère d'une salle de projection, la blancheur immaculée d'un écran et le faisceau du projecteur qui perce l'obscurité pour éclater en myriades de couleurs et de sons sur l'écran.
"Le cinéma c'est différent de la télévision. Il a une saveur que je ne connaissais pas", indique, pour sa part, Sabrina qui confie que ce festival lui donne l'occasion d'approcher les vedettes des films arabes qu'elle s'offrait au gré de son zap.
Les enfants agglutinés devant l'entrée de la salle de la cinémathèque ou Es-Saada (ex-Colisée) découvrent, pour la première fois, la gentillesse de Mouna Wassef, une actrice qu'ils avaient haïe dans son rôle de Hind dans le film "Er Rissala" de "Mustapha El-Akkad".
"Elle est gentille, nous avons pris des photos avec elle", souligne tout enthousiaste Karim qui était accompagné de sa s£ur Maha, une collégienne qui a franchi, à cette occasion pour la première fois, l'entrée d'une salle de cinéma.
Les yeux d'un enfant sont comme une pellicule sensible. Et ce festival y a gravé des images impérissables que les petits oranais garderont dans leur mémoire.
"Mon père me parlait du cinéma, des films, des vedettes de son époque, de Hollywood. Il me parlait des western italiens, de Guilliano Gemma, de Lex Barker, d'Ennio Moricone, de la placeuse, des entractes, des esquimaux qu'on servait durant le changement de bobines des films", raconte Feyrouz.
Aujourd'hui, en franchissant le seuil d'entrée de la salle Essaada, les images tant contées par son père lui sont revenues. Elle a hésité en pénétrant dans la salle sombre. La placeuse, la vendeuse d'esquimaux, l'entracte lui sont revenus à l'esprit, puis d'un pas alerte elle est allée prendre une place parmi le public cinéphile.
C'est ça la magie du cinéma. Cette magie qui a permis aux enfants de vivre la féerie des images qui défilent sur un écran, de partager les sensations avec d'autres spectateurs et de vivre la joie de la ville peinte aux couleurs chaudes de l'Orient, du Maghreb et des tons froids et pastels des oeuvres de Renoir, de Nicole Garcia et Jean Luc Godard.
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