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“L’Afrique, renouveau et renaissance

Le ministre malien de la Culture, M. Mohamed El-Moctar,  a souligné, hier à Bamako, l'importance du deuxième Festival culturel panafricain  à Alger, appelant à "institutionnaliser" cet événement culturel continental  qu'il a qualifié de "majeur".         
"Nous avons observé une longue pause pour organiser la deuxième édition  du Festival culturel panafricain qui est un événement culturel majeur pour tout  le continent et qu'il faudrait institutionnaliser", a déclaré M. El-Moctar dans  un entretien accordé à l'APS.          Il a plaidé, dans ce cadre, pour rééditer ce festival tous les deux  ou trois ans, se déclarant "confiant" quant à la "bonne" organisation de la  deuxième édition par l'Algérie et "heureux" de constater qu'elle ait pris le  flambeau du renouveau culturel africain".            
"C'est d'abord un signe d'unité de l'Afrique, du fait que c'est l'Union  africaine qui a chargé l'Algérie de l'organiser", a-t-il ajouté.         
Tout en exprimant sa joie de prendre part à cet événement à "dimension  internationale", il a mis l'accent sur l'opportunité d'ouvrir le dialogue entre  les hommes de culture et artistes des différents horizons.          Relevant la richesse exceptionnelle et la diversité culturelle qui prévalent  en Afrique, il a estimé que le festival est un "cadre qu'il fallait inventer  ou créer", soulignant que "l'Algérie a eu l'intelligence de l'abriter et d'en  faire un événement culturel de portée internationale, dépassant les frontières  du continent africain".          S'agissant du rôle de la culture dans les efforts du développement en  Afrique, M. El-Moctar a souligné qu'elle constitue une "matière transversale",  affirmant qu"'il ne peut y avoir un développement viable et durable sans elle".         
"Occulter la culture, c'est oublier une partie de nous-mêmes, avec cette  certitude que nous n'arriverons à rien sans la culture", a-t-il dit.         
Il a justifié ses propos en soulignant que "la production culturelle  est la seule industrie qui échappe, aujourd'hui, à la crise financière internationale  et à la récession économique mondiale", plaidant pour la mise en avant de la  culture dans tout ce qu'il y a lieu d'entreprendre dans le domaine du développement  socioéconomique.         
M. El-Moctar a pris pour exemple le récent colloque organisé par l'Union  européenne à Bruxelles, sous le thème "la culture, facteur majeur du développement".          Il a estimé, dans ce sens, que le fait nouveau pour les pays industrialisés  est qu'ils "reconnaissent clairement le rôle qui revient à la culture dans le  développement", ajoutant : "Nous, les Africains, nous l'avions dit et répété,  et c'est important que cela soit reconnu ailleurs".
  La culture a une autre vertu, à partir du moment où elle représente  un "facteur" de cohésion et de paix, a souligné M. El-Moctar.         
C'est ainsi qu'il a relevé que "même dans les pays développés, "il y  a eu un mouvement de recul, de manière à s'attarder pour prendre en charge la  culture qui a été oubliée en cours de route".         
Le ministre malien de la Culture a soutenu, en outre, que l'Afrique  est "au point de départ pour amorcer son mouvement pour le développement", estimant,  toutefois, qu"'il est important d'apprendre des expériences des autres et prendre  de fait en charge les questions culturelles qui devront accompagner ces efforts  de développement".         
"Il est important que nos Etats mettent la culture au centre de leurs  préoccupations", a-t-il estimé, expliquant que "si, aujourd'hui, nous ne constatons  pas un développement harmonieux et durable, c'est parce que nous avons occulté  les questions culturelles de nos efforts pour le développement".         
Dans son plaidoyer pour un renouveau culturel africain, M. El-Moctar  a appelé à la création d'une industrie culturelle "propre à l'Afrique".         
"Il est judicieux d'ériger un institut des langues africaines à Bamako  et un musée africain à Alger", a-t-il estimé, ajoutant, toutefois, qu"'il est  temps de penser à une industrie culturelle qui permettrait à l'Afrique de ne  pas consommer le produit culturel qui lui revient d'ailleurs sous d'autres  compilations".         
Il a relevé, dans ce sens, que les Etats africains "gagneraient" à introduire  un chapitre pour la création d'une industrie culturelle dans leurs budgets d'Etat,  estimant dans ce cadre que "la culture africaine est une matière intarissable  qu'il faudrait promouvoir".         
A une question relative au pillage des richesses archéologiques du continent,  le ministre malien a souligné que "la culture africaine, dans ses aspects matériels  et immatériels, n'est qu'une infime partie des trésors enfouis sous terre ou  dans les mémoires".          "Si nous ne nous attelons pas, aujourd'hui, à les extraire, ce sont  les autres qui viendront le faire", a-t-il encore estimé, ajoutant que "le pillage  se poursuivra, tant que l'Afrique n'a pas encore dressé son inventaire culturel".         
Abordant les questions culturelles et identitaires maliennes, un pays  qui renferme 20 ethnies, M. El-Moctar a estimé que "le Mali est un grand pays  chargé d'histoire", expliquant que "sa cohésion sociale par cette diversité  culturelle".         
"Cette diversité est notre richesse", a-t-il dit, ajoutant que "le Mali  est composé de plusieurs petits Mali qui forment, à leur tour, le grand Mali".         
"Une floraison d'ethnies qui se reconnaissent dans des valeurs communes",  a-t-il conclu M. El-Moctar.

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