Sections
Accueil | Culture | Constantine : Un début "pédagogique" du 3e festival national du malouf

Constantine : Un début "pédagogique" du 3e festival national du malouf

image EM

Le chef d’orchestre de l’ensemble national  andalou, le maestro Rachid Guerbas, a donné un ton "pédagogique" à l’ouverture  de la 3e édition du festival national du malouf de Constantine, dont le coup  d’envoi a eu lieu mercredi soir au théâtre de la ville.         
Avant et après le concert magistralement interprété par son orchestre  à l’ouverture de la manifestation, Guerbas a tenu à évoquer la musique andalouse,  les circonstances de la naissance de l’ensemble national dédié à ce genre, du  profil des musiciens qui le composent et surtout du travail qu’il fait. Son langage de connaisseur, voire de pédagogue mais toujours accessible,  rompt et avec les généralités complaisantes et avec les propos trop "savants"  pour le large public, parfois entendu dans ce genre de circonstances.         
Ainsi, en soulignant l’importance de cette musique qui, a-t-il dit,  a "permis à l’Algérie d’apporter sa contribution au patrimoine musical universel",  il n’a pas omis d’expliquer au public ces termes qui reviennent souvent dans  les concerts de musique andalouse mais dont seuls les initiés connaissent le  sens, à l’instar de la "Touchia", "Bachraf" , "Dourj" et autres termes qui  font référence aux différentes étapes de la construction d’une nouba et dépeignent  son esprit. A propos de l’ensemble national andalou, il a confié que l’idée de sa  création est née à la suite du succès rencontré par "l’orchestre pilote" créé  à l’occasion de l’année de l’Algérie en France.  Cette formation, a-t-il dit, a "hissé le niveau musical algérien à un  degré qui a fait la fierté du pays et démontre que les Algériens savent travailler  lorsqu’ils se fixent un objectif". C’est "pour préserver l’élan né de cette expérience (qu’il) a proposé  à la clôture d’un séminaire sur la musique andalouse organisé en 2002 à Constantine  par l’association Maqam, la création d’un ensemble de musique andalouse qui  permettrait aux artistes de ce genre de jouer les styles des trois écoles algériennes  tout en préservant leur richesse stylistique", a-t-il expliqué.    Relevant que des "passerelles naturelles" existent entre les styles  de la Snaâ d’Alger, la Gharnatia de Tlemcen et le Malouf de Constantine, il  a souligné que la mise en valeur de ces passerelles figure parmi les objectifs  de l’orchestre qu’il dirige. Toujours avec le même souci pédagogique, Rachid Guerbas a tenu à présenter  les musiciens formant l’ensemble national andalou, leur parcours et leur contribution  dans leur domaine.Au cours de la magnifique exécution d’une "nouba H’sine" par l’orchestre,  dont la vingtaine de membres était vêtue de beaux gilets brodés de fils d’or,  l’une des artistes a semblé sortir du lot par sa voix mélodieuse.  Hania Bakhti,  de l’association "El Kaïssaria" de Cherchell, est l’illustration du fonctionnement  de l’ensemble dirigé par Guerbas qui tire sa sève de multiples talents, issus  d’Alger, bien sûr, mais également d’autres régions du pays. Cela renvoie tout  naturellement aux "passerelles" évoquées par le maestro et qui démontrent  que le patrimoine musical reste uni dans sa richesse et sa diversité.  Jeudi soir, la seconde soirée du festival sera animée par les musiciens  de la formation Chabab El Fen de Guelma, l’association En Nour de musique  andalouse de Mila et les élèves du conservatoire de Constantine.

 

  • email Envoyer à un ami
  • print Version imprimable
PUBLICITE