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Abdelkader Alloula : une école pour les jeunes artistes en quête de professionnalisation

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Les œuvres théâtrales d’Abdelkader Alloula, dont  une biennale se tient à Oran, sont une référence pour les jeunes artistes en  quête de professionnalisation, ont estimé des professionnels lors d’un débat  sur ce thème.  Lors de ce débat sur "le théâtre de Alloula et la nouvelle génération",  le comédien Mohamed Mihoubi a fait valoir que Abdekader Alloula "est l’un  des rares hommes de théâtre qui ont tenté de mettre cet art au diapason des  mutations socio-culturelles et intellectuelles du pays".         
Il a parlé de "lutte culturelle" ayant poussé Alloula à modeler son  approche du théâtre, avec comme pièce-maitresse "Homk Salim" que les spécialistes  ont assimilé à un manifeste de "messages artistiques et sociaux", ou encore  "Lejouad" et "Arlequin" par lesquels il avait affiné "la gageure de parler vrai",  considérant l’art comme un "déclencheur de prise de conscience".  Des chroniqueurs voient en Abdelkader Alloula "l’artiste complet" qui  a tenté de refondre "la structure théâtrale", toujours à l’écoute tant du public  que "des petites gens", avec comme moyens la simplicité du verbe et le génie  populaire, et comme unité de but "théâtraliser les faits" de société.              
Au programme de cette biennale, organisée dans le cadre de la journée  nationale de l'artiste sous le signe "El Qods, capitale de la culture arabe",  figurent deux conférences intitulées "Alloula, dramaturge de tous les temps"  du professeur Zilal Abdelkrim et "El Haka" du professeur Mansouri Lakhdar.        
 La biennale Alloula, ouverte dimanche dernier au théâtre régional d’Oran,  par la présentation de la pièce "Sadma", une adaptation de "l’assassinat" de  Yasmina Khadra, a été marquée par la participation de sept troupes professionnelles  de différentes régions du pays.         
Abdelkader Alloula est né le 8 juillet 1939 à Ghazaouet (Tlemcen). Il  fréquente l’école primaire à Aïn-El-Berd et poursuit ses études secondaires  jusqu’au baccalauréat à Sidi Bel Abbès, puis à Oran.           
En 1956, il rallie le mouvement de grève des lycéens et des étudiants  lancé par le FLN en lutte armée, et, cette même année, découvre le théâtre avec  Echabab, une troupe d’amateurs d’Oran liée à l’association des Oulémas.         
En 1962, il met en scène Les Captifs de Plaute avec l'Ensemble théâtral  oranais. Il est appelé en 1963 à faire partie de la troupe naissante du Théâtre  National Algérien (TNA) et participe à de nombreux spectacles dont Les Enfants  de la Casbah, Hassen Terro, Le Serment, Dom Juan, La Mégère Apprivoisée.           
La mise en scène d’El-Ghoula de Rouiched en 1964, du Sultan Embarrassé  de Tawfik El-Hakim en 1965, la création de l'Institut National d'Art Dramatique  de Bordj El Kiffan, un diplôme à la Sorbonne, entre maintes autres pièces, jalonnent  son parcours théâtral, parsemé d’essais dans l’écrit littéraire (les sangsues,  le pain), le cinéma (les chiens, Gorine, Djalti) et la télévision.           
Ses dernières œuvres sont Ettefah ( 1992), et Arlequin valet de deux  maîtres en 1993, une adaptation de Carlo Goldoni .           
Alors qu’il finalisait une adaptation au théâtre de Tartuffe de Molière,  Abdelkader Alloula est victime d'un attentat terroriste à Oran, le jeudi 10  mars 1994, sur le chemin du Palais de la Culture d’Oran où il devait participer  à une conférence. Il décède le 14 mars.

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