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M. Taleb Omar : «18 ans de cessez-le-feu sont plus que suffisants»

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Conférence de presse du Premier ministre sahraoui

Le Premier ministre du gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), M. Abdelkader Taleb Omar a déclaré hier à Alger que 18 ans de cessez-le-feu sans parvenir à un règlement de la question sahraouie sont « plus que suffisants ». En marge du coup d’envoi des assises de l’université d’été des étudiants et cadres de la RASD, M. Taleb Omar a lancé un appel aux Nations unies leur demandant d'être plus « fermes » au sujet des violations de cette décision. Le Premier ministre sahraoui et après avoir souligné que le Front Polisario était un mouvement de libération qui évalue la question des négociations avec le Maroc et tire des conclusions, a précisé que « si des perspectives de paix existent nous en serions contents, car nous voulons la paix mais si la situation actuelle perdure cette direction doit se préparer sérieusement à l'option de la lutte armée car la situation ne peut continuer ainsi ». « On peut tout attendre du peuple sahraoui sauf la reddition », a-t-il affirmé, ajoutant que c'est ce programme qui a été arrêté par la direction politique du Front Polisario qui, a-t-il précisé « doit le respecter car elle sera comptable demain devant ses militants et ses combattants ». Dans ce chapitre, le Premier ministre sahraoui a souligné que les mouvements de troupes enregistrés ces derniers temps du côté marocain, les manœuvres militaire sur le terrain et sa course effrénée vers l’armement sont considérés comme « une violation du cessez-le-feu ». M. Taleb Omar a aussi dénoncé les thèses véhiculées par le régime marocain qui, pour faire accepter sa vision d’un règlement global de la question, met en avant l’impératif sécuritaire et l’immigration clandestine. « C’est justement la politique du Maroc et son refus de la légalité internationale qui risquent de déstabiliser la région et retardent l’édification d’un Maghreb arabe fort et homogène », a souligné M. Taleb Omar qui a réitéré sa confiance en la personne de représentant personnel du SG de l’Onu pour le Sahara occidental M. Christopher Ross. Concernant l’optimisme affiché par le diplomate onusien, le responsable sahraoui a mentionné  que « ce n'était pas un optimisme absolu mais seulement pour l'approche de la tenue des rencontres préliminaires informelles du 5e round des négociations entre le front Polisario et le Maroc ». L'objectif de M. Ross  est d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité sur le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, soulignant que l'envoyé onusien a considéré les rencontres préliminaires qui auront lieu durant les premiers jours de juillet comme « un pas positif ». M. Taleb Omar a aussi appelé le régime marocain à « laisser le monde juger de ce qui se passe dans les territoires sahraouis », affirmant que son pays accueille « favorablement l'observation internationale ». Toujours au chapitre des droits de l’homme, le diplomate sahraoui a pointé du doigt la position de l’Espagne qui s’est alignée sur celle de la France qui a « menacé d'utiliser son droit de veto » lors des débats du Conseil de sécurité. Le Premier ministre sahraoui a, dans ce contexte, indiqué que « la France assume historiquement l'entrave de l'application de la décision de la légalité internationale dans la région », rappelant son opposition au plan Baker que le Conseil de sécurité avait considéré comme meilleur plan et demandé de l'imposer. Pour ce qui est de la crise politique qui secoue la Mauritanie et son impact sur la question sahraouie, M. Taleb Omar a indiqué que la Mauritanie s'est « consciemment retirée du conflit, a reconnu la République sahraouie et demeure attachée à la position de la solution onusienne ».
M. T.

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