Colloque au Conseil de la nation sur la sécurité par le dialogue : L’Algérie joue un rôle très actif dans le partenariat avec l’Alliance
Le Conseil de la nation a regroupé, hier, sous le thème de la sécurité par le dialogue avec le rôle des institutions parlementaires dans l’approfondissement du dialogue méditerranéen, des experts nationaux et de l’Alliance Atlantique.
Ce colloque d’une durée de deux jours a permis à M. Mustapha Cheloufi, président de la commission de la Défense nationale au Conseil de la nation de rappeler que le Parlement apporte sa contribution à l’approfondissement du dialogue dans le cadre des relations Nord-Sud avec l’Alliance Atlantique et autour des problèmes de sécurité en Méditerranée.
Aujourd’hui, a souligné le président de la commission nous sommes réunis pour débattre des possibilités d’approfondissement de ce dialogue maintenant que les choses ont changé, qu’il y a une nouvelle perception dans les relations internationales. Pour l’orateur, le dialogue Méditerranée-OTAN s’imbrique sur les autres formes de dialogue qu’ont ces mêmes pays dans le cadre du processus de Barcelone, des 5+5, et à l’avenir de l’union pour la Méditerranée si elle voit le jour. Notre pays adhère à ce dialogue. M. Mustapha Cheloufi relève qu’il ne peut y avoir de sécurité globale en Méditerranée sans solution du problème palestinien. Pour l’orateur, il y a encore de trop grandes disparités entre les deux rives mais les passerelles qui sont jetées initient un partenariat. Le terrorisme, les catastrophes naturelles, l’extrémisme sont des préoccupations pour tous. C’est en dialoguant que nous pouvons prévenir les conflits, étendre les échanges. La société civile est partie prenante dans ces échanges, pour la sécurité dans le dialogue, le rôle des institutions parlementaires, le développement de la coopération.
Intervenant à son tour, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, M. Madjid Bouguerra, relève que la sécurité de l’Europe est liée à la sécurité en Méditerranée. La diplomatie, dit-il, a besoin d’un apport, celui de la société civile. Pour l’orateur, les défis restent nombreux à relever L’Algérie adhère à ce partenariat dont elle attend fiabilité, responsabilité, respect des spécificités. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, souligne que notre pays est tout à fait favorable au renforcement de la coopération avec l’OTAN.
Le secrétaire général délégué de l’Alliance, l’ambassadeur Claudio Bisogniero a rappelé que bien que l’Algérie ait été le dernier pays à se joindre au processus du dialogue méditerranéen en 2000, le président Abdelaziz Bouteflika a été le premier chef d’Etat arabe à effectuer une visite au siège de l’OTAN à Bruxelles en 2001. L’Algérie, selon l’orateur, s’est rapidement imposée comme l’un des participants les plus dynamiques et les plus actifs à ce dialogue. Il y a une conviction commune qu’il existe un lien fort entre l’Europe et la région méditerranéenne, entre la sécurité en Europe et la sécurité dans cette région. Pour l’ambassadeur, nous sommes tous confrontés aux mêmes défis sécuritaires.
Pour donner une expression politique à ces préoccupations communes, la réponse tient dans le dialogue méditerranéen. Il est devenu aujourd’hui un véritable partenariat qui a acquis une valeur stratégique propre. Cette évolution est positive alors que de nouveaux défis nous font face, relève l’orateur. Il y a le terrorisme qui constitue la première préoccupation en matière de sécurité. L’action militaire ne peut parvenir seule à bout de ce fléau. Mais elle a un rôle à jouer dans un cadre global qui rassemble initiatives politiques, diplomatiques, économiques, sociales judiciaires et autres. Le secrétaire général et délégué de l’Alliance voit d’autres menaces, avec les armes de destruction massive, le changement climatique.La bonne réponse à ces défis se trouve dans la coopération. C’est sur cette voie que l’on est engagé avec le dialogue méditerranéen. La coopération prend une large part dans la formation, l’entraînement et les doctrines militaires.
L’ambassadeur affirme vouloir engager l’Algérie à une plus grande participation à ces cours. Il y a des réunions informelles qui s’organisent également pour les responsables de la planification et les diplomates. C’est un signe de l’approfondissement du dialogue.
En définitive, le dialogue méditerranéen offre une gamme de plus en plus riche de possibilités mais également un défi pour définir les grandes priorités de l’Algérie dans sa relation avec l’Otan.
Il y a alors les programmes de coopération individuels. Il y a aussi la diplomatie publique. Cela étant, l’orateur estime que la coopération entre l’Alliance et l’Algérie est bien engagée et renferme un grand potentiel.
C’est sur l’effort de la diplomatie publique qu’a insisté M. de Santis, responsable de la diplomatie publique pour les pays de l’initiative de coopération d’Istanbul.
Pour l’orateur, les objectifs tracés au dialogue méditerranéen est de contribuer à la stabilité régionale, contribuer à dissiper aussi les malentendus. Depuis 1994, l’orateur relève que ce dialogue a évolué et a progressé. Il a pris des formes de coopération bilatérale comme multilatérale, une concertation politique. Le dialogue méditerranéen a fini par devenir une priorité stratégique pour l’Otan. L’objectif principal reste l’instauration de la paix et de la sécurité, la prévention des conflits dans la région. Mais le partenariat s’étend à d’autres domaines de nature civile comme militaire et il nous faut toujours chercher les moyens de le renforcer.
Le rôle actif joué par l’Algérie dans le programme de partenariat permet déjà son renforcement avec une certaine valeur ajoutée à la clé. L’Algérie constitue un pays très actif dans le dialogue politique.
Il nous faut faire progresser le dialogue politique avec la coopération pratique. L’approche de coopération multilatérale permet, elle, de faire face ensemble au défi sécuritaire, établir la paix et la sécurité dans l’ensemble méditerranéen.
Pour Mme Maya Sahli, universitaire, le dialogue est lié à la sécurité de l’Europe et à la sécurité de la Méditerranée. Ce dialogue est-il en train d’évoluer et comment, s’interroge l’oratrice, qu’en est-il de l’ensemble Otan ?
Ce sont des problèmes d’une acuité réelle. Jusqu’en 1997, le bilan était contrasté. Les premières évolutions se font à partir de septembre 2001. On distingue alors dans l’agenda de l’Alliance la lutte antiterroriste. L’élargissement du partenariat engagé par l’Otan fait que l’Alliance intègre dans son agenda le partenariat à la carte, une offre commune est faite, comme l’a d’ailleurs rappelé M. Nicolas de Santis, mais en tenant compte des spécificités, des particularismes. L’Algérie a fait de grands efforts dans ce cadre.
L’oratrice affirme qu’en se positionnant sur un objectif relativement lointain (horizon 2030), nul ne peut dire si l’Alliance existera encore à cette date. Par contre, ce qui est sûr, c’est que l’esprit Otan restera. Il consistera en des mesures d’accompagnement destinées aux pays méditerranéens. Il nous faut donc suivre l’évolution de l’Otan et l’analyser. L’oratrice se prononce pour une doctrine de sécurité militaire et une coordination de notre approche sécuritaire dans l’approche sécuritaire méditerranéenne. Il faut permettre aux opinions publiques de se réapproprier le dialogue méditerranéen, affirme l’oratrice. Il faut s’investir dans la réappropriation de ce dialogue. Pour Mme Maya Sahli, la sécurité reste une conquête en même temps qu’une quête.
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