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Conseil de la nation - Clôture des 4es journées d’étude parlementaires : Quel futur énergétique pour la planète ?

image Ph. : Nesrine

Les travaux des 4es JEP sur la défense économique, organisés à l'initiative du Conseil de la nation sous le haut patronage du Président de la République, se sont achevés hier tard dans la soirée avec une série de recommandations.
Dédiée à l'ancien président de la commission chargée de la défense nationale, Abdelhamid Latrèche, décédé en 2007, qui est parvenu à briser en 2000 les tabous entourant la problématique de la défense nationale, conscient et confiant en l'avenir de l'Algérie, en consacrant «la défense nationale» comme thématique des 1res journées d'étude parlementaires, la rencontre, de deux jours, a pour information regroupé l'élite intellectuelle et scientifique nationale.
Et le souffle de cet officier de l'ALN se poursuit au sein de la commission sous la présidence de Mustapha Cheloufi, avec ces 4es journées, consacrées à la défense économique autour de neuf thèmes et autant d'échange de réflexion, d'expériences et de stratégie. Le but étant de saisir une approche et des mécanismes pouvant contribuer au mûrissement d'une conception algérienne de la défense économique au sens consensuel face aux conséquences de la mondialisation et des rapports de force déterminants en toute instance. Ainsi,  les idées circulent plus rapidement, les concepts et les modèles juridiques contribuent à accélérer les efforts de convergence autour des stratégies nationales.

Les aspects juridiques de la défense économique

Le docteur Walid Laggoune, professeur de droit, en abordant «les aspects juridiques de la défense économique», s'est référé à la législation en matière de défense de la sécurité nationale citant les codes d'investissements, la détermination des secteurs stratégiques  intégrants, la défense économique et la notion d'intelligence économique.
Se plaçant dans une économie mondialisée, le conférencier  bascule l'approche sur le terrain conventionnel, dans son volet partenarial au regard des mutations des notions et des accords et conventions (Algérie, Union européenne et OMC).
Walid Laggoune qui s'appuie sur la législation nationale en matière de développement économique et d'adaptation juridique appelle à plus d'effort normatif au regard des nouvelles vulnérabilités, pour définir les principes et tracer les contours d'une défense économique efficiente.  Le juriste Ahmed Laraba, dans sa communication «Observation sur la notion de défense économique», met en parallèle  le lien intrinsèque entre la défense nationale et la défense économique comme réponse appropriée aux vulnérabilités nationales, risques et menaces dans un droit de projection interne et externe et de prospective de nouveaux mécanismes de défense. Le professeur de droit considère que le potentiel économique comme constituant un paramètre fondamental de toute politique de défense nationale. Les deux segments liés constituent une défense nationale conquérante.
Le docteur Djoudi Bouras, membre du CNES, décortiquant sa thématique autour la ligne directrice qui tire sa conception de la façon de «défendre et promouvoir les intérêts économiques fondamentaux de l'Algérie ou comment faire de la défense  économique un instrument au service du développement» remonte aux programmes mis en application pour plaider les aspirations nationales à jouer le rôle de puissance émergente, ce qui signifie l'affirmation des capacités et la création de lignes de force convergentes entre les acteurs, en vue d'une stratégie cohérente sous toutes ses formes. Le substrat de la défense économique.
Le docteur Mourad Preure, expert pétrolier international, interviendra pour approfondir les éléments de réponse au              «futur énergétique pour la planète», ses enjeux, ses challenges pour les pays producteurs, tant sa vertu structurante et son impact multidimensionnel sont forts et charrient projections, inquiétudes et malédictions. Se situant dans le niveau de la crise actuelle marquée par l'instabilité du système énergétique mondial, de risques d'épuisement de la ressource, il pose la définition d'un nouveau paradigme de souveraineté fondé sur l'excellence, l'innovation et la compétitivité des acteurs nationaux et internationaux au premier rang desquels la compagnie pétrolière nationale solidement articulée à l'université et à la recherche scientifique nationale. Le pétrole deviendra une chance historique de développement pour les uns et les autres, selon que l'on a réussi ou non son insertion active dans les dynamiques structurantes de l'industrie de l'énergie pour ce nouveau siècle.

La défense économique par l'émergence  de grands groupes publics et privés nationaux

Pour le docteur Salah Mouhoubi, l'Algérie a besoin de 15 ans pour rattraper son retard et réduire ses vulnérabilités pour peu qu'elle s'appuie sur les exportations hors hydrocarbures, le tourisme et l'apport en investissement de sa communauté établie à l'étranger. Ce qui représente en chiffres 50% de recettes en devises se partageant le pourcentage avec celles des hydrocarbures et sortir de sa dépendance vis-à-vis d'une seule ressource. Et pour relever ces défis, Salah Mouhoubi se projette dans la démocratie, l'économie de marché, l'adaptation aux mutations internes et externes, l'engagement dans la construction d'une nouvelle économie déconnectée par rapport aux hydrocarbures. Deux voies concourent à ces objectifs. Agir sur la nature et maîtriser la mobilisation des ressources en eau, une approche prise en compte depuis le premier plan quinquennal, la lutte contre la désertification rampante sachant que le désert occupe 2 millions de kilomètres, par l'hydraulique agriculture et le reboisement utile localement pouvant permettre la création de conditions climatiques au développement agricole durable créateur de richesses et d'emplois, également prises en considération mais à reconsidérer certains aspects, car s'inscrivant dans la durée et qui échappe aux aléas politiques. Une question d'aménagement du territoire national devant par ailleurs interpeller l'aide de la communauté internationale dans le cadre des mécanismes de lutte contre le changement climatique, une préoccupation universelle. Le conférencier se plaçant dans l'horizon 2025 pourchasse les facteurs et les causes de vulnérabilité par des efforts dans le processus de privatisation, de stratégie touristique pour atteindre une croissance de 8 à 10% par an à partir de 2010 à 2020, laissant faire les programmes nationaux qui poussent selon les investissements nationaux et les précédents. Par la restauration de l'autorité de l'Etat, le renforcement de son rôle de régulation, le consentement des efforts d'investissements pour développer l'agriculture par sa modernisation et la promotion de sa vocation exportatrice, la réindustrialisation du pays, l'Algérie aura aussi à faire des efforts dans la réduction de sa facture alimentaire et à promouvoir son industrie médicale par le respect des règles (traçabilité, normes, faire pareillement que les autres pays). Enfin, le conférencier suggère l'émergence de grands groupes publics et privés nationaux et de dimension internationale dans tous les secteurs d'activité, comme stratégie nationale de développement et de défense économique. Le professeur Hamid Aït Amara aborde   la question de la dépendance à l'insécurité alimentaire, pour poser les contraintes à relever de cette arme alimentaire, un enjeu planétaire. Le docteur Mourad Goumiri, membre fondateur de l'Association des universitaires algériens pour la promotion des études de sécurité nationale (ASENA), réintroduit la notion d'intelligence économique à l'aune de l'accélération de la mondialisation de l'économie et balise son approche en examinant les expériences des pays de l'Union européenne, du Japon et des pays émergents comme l'Inde, l'Indonésie ou la Chine qui arrivent à la compétitivité internationale.

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