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Education nationale : 29.000 cas de violence par an aux CEM

La prévention contre la violence en milieu scolair, est un phénomène qui inquiète de plus en plus la communauté éducative dans différents pays du monde. Les responsables du ministère de l’Education nationale précisent que ce fléau social n'est pas propre à l'Algérie, mais il commence  tout de même à prendre de l'ampleur au niveau des établissements scolaires et mérite qu'on lui accorde une attention toute particulière.
Pour ces mêmes responsables l'école n'enfante pas la violence, car elle y est exposée par un phénomène social qu'elle doit combattre. Les nombreuses études réalisées dans ce cadre stipulent que 50% des enfants exposés à la violence ont un esprit de vengeance et 60% des adultes agressifs, ont été victimes de violence dans leur jeune âge.
Quant aux différentes formes et actes de violence, on peut citer les violences verbales telles que les insultes et médisances, violences physiques telles que coups et blessures, violence morale comme le harcèlement, intrusions, racket, usage ou trafic de stupéfiants, port d'objets dangereux.
En se basant sur les informations recueillies par les services du ministère  de l'Education nationale, on remarquera que les cas signalés qui font ressortir les tendances générales qui se résument par les faits de violence les plus fréquents sont exercés par les élèves sur d'autres élèves, suivis de violence exercée par les élèves sur les enseignants et l'administration scolaire, puis en troisième lieu la violence exercée par les enseignants et l'administration scolaire sur les élèves et leurs parents et enfin la violence qui s'exerce entre les enseignants eux-mêmes ou entre les enseignants et l'administration.
Pour ce qui est des  degrés de gravité de ces phénomènes, on remarquera que ces derniers sont variables, allant des insanités perturbant le climat de l'établissement scolaire, jusqu'à des actes graves pouvant constituer des infractions et des délits qui relèvent d'une situation pénale.
Selon les responsables du ministère, la première constatation à faire est que l'élève est tantôt victime, tantôt auteur de faits de violence et que l'adulte qu'est l'enseignant ou l'agent administratif peut lui aussi se retrouver dans la situation de victime. Pour ce qui est du lieu de déroulement de ces faits, les responsables du secteur évoquent en premier lieu la classe et la cour de récréation et en deuxième lieu,les abords immédiats de certains établissements où règne l'insécurité.
L'institution éducative dans sa globalité reste selon la tutelle,victime des conséquences d'un phénomène sociétal interne connu par le pays, ajouté à la démission totale de beaucoup de parents qui considèrent que l'éducation de leur progéniture relève exclusivement de l'école.  Pourtant cette institution  ainsi que d'autres arènes que sont devenus la rue, les stades et autres lieux publics ne sont pas des lieux clos ; mais ils constituent de plus en plus des caisses de résonance de courant sociaux diffus et latents dont ils expriment, répercutent et reflètent la violence.
Outre le phénomène de la violence, on note d'autres maux sociaux touchant la population scolaire. Il s'agit du tabagisme et de la toxicomanie. Les textes régissant le  secteur de l'Education nationale interdisent formellement la pratique de la violence quelle qu'en soit la nature et les contrevenants à cette interdiction la partie violente s'expose à des sanctions administratives plus ou moins graves, voire dans les cas extrêmes, à des poursuites judiciaires. Parmi les dispositions et actions engagées par le secteur de l'Education nationale,les mesures prises pour prévenir ce phénomène, telle que l'interdiction par des dispositions législatives et réglementaires (loi d'orientation, décrets, arrêtés et circulaires) des châtiments corporels ainsi que des insultes, brimades et humiliations et prise de sanctions administratives, pouvant aller jusqu'à la radiation, à l'encontre de tous contrevenants à cette interdiction et qui peuvent même faire l'objet de poursuites judiciaires.
Le secteur a procédé aussi à la mise en place d'une commission nationale de lutte contre la violence et les fléaux dans les établissements scolaires, l'organisation de campagnes de sensibilisation et de prévention à travers la diffusion de dépliants, d'affiches et de spots publicitaires, contre les dangers de la drogue et du tabac, autour de la prévention de la violence dans le milieu scolaire qui ont été confectionnés et distribués aux élèves sur le thème de la violence en milieu scolaire.
L'étude sur les réalités de la violence en milieu scolaire a fait remarquer que la violence en milieu scolaire a diminué depuis 2004 et avec les mesures prises dans ce cadre, notamment l'élaboration de textes et lois qui interdisent ces situations de violence qui ont eu lieu ces dernières années, on peut dire qu'ils  sont des cas isolés qu'il ne faut pas généraliser. Côté chiffres, la violence au niveau des collèges qui rassemblent les adolescents notamment, vient en première position avec une moyenne de 29.000 cas par an. Par contre, au niveau des deux cycles primaire et secondaire, elle ne dépasse pas les 5000 cas par an. En terme de pourcentage on compte un taux de violence annuel qui varie entre 0,18 et 1,30%.
Mais il faut reconnaître que la violence est un fait réel même si des cas ne sont pas déclarés pour plusieurs raisons.
L'élaboration d'un guide ,qui aiderait la communauté éducative à apporter une réponse rapide, complète et systématique aux actes de violence, en intervenant à tous les niveaux du problème est devenue une nécessité absolue. Ainsi, toutes les parties concernées doivent apprendre à avoir les mêmes références, le même vocabulaire pour qualifier les actes répréhensibles.
Pour l'élève, il s'agit de favoriser une ouverture d'esprit et le respect de l'autre, à travers le débat d'idée, l'échange d'expériences, la communication.
Pour sa part ,l'enseignant et à travers lui l'administration doit avoir un rôle modérateur du phénomène de la violence et de catalyseur en matière de communication entre les élèves. Il doit, en outre, connaître les textes réglementaires et veiller à être équitable en classe.
Pour les parents et à travers leurs associations, ils doivent coopérer avec l'administration et les enseignants afin de régler les conflits latents, source d'éventuels actes de violence.
Sarah Sofi
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