Energies renouvelables : L’Algérie dispose d’un potentiel énergétique solaire infini
L'Algérie dispose d'un potentiel énergétique solaire infini dépassant les 5 milliards GWh/an, avec une moyenne annuelle de la durée d'ensoleillement variant de 2.550 heures dans le Nord à 3.600 heures dans le Sahara avec un potentiel énergétique respectif de 1.700 à 2.650 KWh /m2/an.
L'Algérie possède également de larges étendues de territoires disponibles pour une valorisation du potentiel solaire de près de 2 millions de km2 dont une très grande partie est désertique. Le pays a également du vent (courants aériens) dont la vitesse est relativement forte dans les régions du Sud et des régions importantes arides ou semi-arides dans les Hauts Plateaux et dans le Sud, favorables à l'implantation de cultures destinées à la fabrication des biocarburants.
Sur un autre plan, elle exploite des réseaux de transport d'électricité, de gaz et d'hydrocarbures liquides qui irriguent le territoire national.
A cela, il faut ajouter des instituts et des centres de recherches, des capacités intellectuelles avérées dans le domaine et une capitalisation d'expériences cumulées à travers les projets réalisés.
De ce fait, l'Algérie possède des atouts majeurs pour, en principe, réussir dans le domaine des renouvelables et atteindre l'objectif qu'elle s'est fixée d'un taux de pénétration de 30% à l'horizon 2050.
Ceci dit, si les conditions élémentaires pour favoriser le développement des énergies renouvelables sont là, les technologies du renouvelable peinent à se développer en Algérie par les seules forces du marché.
En effet, les coûts d'investissement dans le renouvelable restent trop élevés par rapport aux énergies fossiles, C'est pourquoi, il est à l'heure actuelle illusoire de vouloir investir dans le renouvelable de façon conséquente sans le concours et le soutien de l'Etat et notamment par une contribution des fonds publics.
D'ailleurs, dans ce contexte, le PDG du groupe Sonelgaz avait préconisé à maintes reprises de demander une contribution financière directe des citoyens ou alors indirecte à travers l'Etat, « auquel cas, il est de notre devoir de nous assurer que les fonds qui seront accordés à ce secteur soient bien utilisés et répondent à un intérêt hautement stratégique» a-t-il précisé. Dans ce contexte des projets «écoles» ou de démonstration grandeur réelle à l'instar de ceux déjà réalisés ou en cours de réalisation en Algérie, tels que ceux de la centrale hybride solaire/gaz de Hassi R'mel d'une capacité de 150 MW dont 30 MW solaire, la ferme éolienne de Tindouf de 10 MW, l'alimentation en énergie électrique de 20 villages par des systèmes photovoltaïques centralisés, l'hybridation de centrales diesel existantes (d'une capacité totale de 200 MW) ou nouvelles desservant des sites isolés du Sud algérien par des systèmes photovoltaïques ou éoliens, des actions ont également été menées par le ministère de l'Energie et des Mines d'Algérie visant à créer une technopole dans le domaine des renouvelables.
Une démarche qui permettra à la fois de dominer notre marché national et contribuer à répondre à la demande mondiale dont les acteurs sont de plus en plus exigeants sur le plan du respect de l'environnement.
Le Maghreb fournisseur de l’énergie de demain
Dans cette vision et en complément aux mécanismes classiques tels que la subvention des prix d'équipements, les systèmes de crédits aux consommateurs ou la bonification de taux d'intérêts sont préconisés par les experts, et cela afin de compléter ces dispositions par la mise en place d'un fonds spécial dont le rôle serait d'appuyer les initiatives développées par des organismes bien identifiés et qui seront chargés de mettre en œuvre la politique nationale de développement des renouvelables.
Ces organismes pourront assurer la production et la distribution de l'énergie à base de renouvelables. Ils pourront procéder seuls ou en partenariat local ou international sur la base de technologies locales ou conjointement développées avec des partenaires internationaux, à la fabrication et à la vente d'équipements de renouvelables. Ils devront également assurer le développement d'une expertise locale dans les domaines de la gestion, de l'exploitation et de la maintenance des installations centralisées de renouvelables. En outre, ces organismes pourront effectuer des opérations industrielles et commerciales se rattachant au développement des renouvelables.
Bien entendu, ces organismes seront soutenus par des dotations financières annuelles sur la base d'un programme très précis à mettre en œuvre.
L'association de ces organismes à des partenaires internationaux pourrait contribuer à améliorer les coûts et la qualité et faciliter une ouverture de la production nationale au marché mondial.
Les pays du Maghreb ont l'avantage de pouvoir disposer de l'énergie du futur, celle qui respecte au mieux les exigences environnementales. Tout cela demandera beaucoup de temps et d'argent, mais c'est là une exigence pour que nos pays puissent bien aborder la compétitivité et faire gagner aux renouvelables, à base de technologies nationales, des parts de marché tant à l'échelle locale qu'internationale.
Aussi, il existe des synergies possibles entre les potentialités des pays du Maghreb, puisque, par exemple, un pays comme le Maroc dispose d'un important gisement éolien qui peut servir de complément au solaire algérien pour satisfaire de façon optimale la courbe de charge de nos pays.
De même, les infrastructures de transport de l'électricité que nous avons déployées dans nos pays pour nos propres besoins ne pourraient-elles pas être davantage sollicitées dans le cadre d'une vision commune de construction d'un marché maghrébin de l'électricité à base de renouvelables qui s'étendrait plus tard en Europe, à travers l'interconnexion Maroc-Espagne.
Et c'est le PDG de Sonelgaz qui a bien résumé la situation, en invoquant récemment le fait que le Maghreb sera le fournisseur de l'énergie de demain. «Mettons donc en réseaux nos centres de recherches, créons les conditions pour que nos industries évoluent ensemble et faisons confiance à notre capital humain», a-t-il affirmé, indiquant que c'est là la seule manière d'arriver à atteindre un taux mondial de pénétration des énergies renouvelables de l'ordre de 40% d'ici à 2040.
Amel Zemouri
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